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Analyse Football

4 clés tactiques de Real vs Bayern

Victor

Classique parmi les classiques, Real - Bayern est le choc le plus attendu des quatre quarts de finale de LDC. Si le Bayern maitrise son sujet en Europe et en Allemagne, il n’en reste pas moins sous pression après avoir échoué en quarts l’an dernier. Le Real de son côté, devra trouver le bon compromis pour réintégrer Mbappe, et tentera certainement de retourner contre le Bayern ses propres caractéristiques, notamment le marquage individuel

Mbappe
Mbappe aura un rôle clé dans cette confrontation © IMAGO / AgenciaLOF

1) Décrochage vs structure : marquage et protection du but

Le Bayern a beau avoir surdominé le futur finaliste, lors du retour l’an dernier face à l’Inter (éliminé par deux buts sur corners) : c’est bien à l’aller qu’il a laissé échapper la qualification. Battu 2-1 à l’Allianz, Kompany avait été totalement lu par Inzaghi, qui avait tordu à souhait son 3-1-4-2 pour manipuler les marquages individuels, de mise au Bayern depuis que l’ancien Citizen a pris en main l’équipe, à l’été 2024. En ne cessant d’intervertir leur position, les Italiens avaient tué les repères du Bayern, et brisé son pressing.

C’était net dans le spectaculaire 2-2 concédé à Hambourg : les adversaires emboitent le pas de cette stratégie offensive anti-marquage, et le Real habitué à se contorsionner tactiquement en LDC va très certainement tenter de s’ouvrir la route du but en aimantant Upamecano et Tah loin hors l’axe imaginaire entre le cuir et la cage du FCB.

Hambourg prend le Bayern au mot, face à son marquage homme à homme, les attaquants deviennent des défenseurs et les défenseurs des attaquants : Kane, Karl et Gnabry sont ici intégrés au back4, alors que Kim en est exfiltré

Ainsi, alors que le grand festin des quarts de finale nous fait basculer du modèle de jeu (ce qu’on propose) au plan de jeu (ce qu’on oppose), le Bayern devra poursuivre sa guerre stratégique contre la déformation de son bloc.

Dans le plan initial de Kompany, le pressing est total, sans couverture. Plus de risque, plus de bénéfice.

2---deux-6-sur-deux-6

Souvent piégé, le Belge a mis de l’eau dans sa Duvel : lors des gros matchs, on voit souvent les Bavarois abandonner cette idée, pour défendre avec un défenseur de plus, tout en gardant la même animation, largement focalisée sur les mouvements des hommes.

C’était clair au Parc, avec l’assignation de Gnabry (2e attaquant) sur Vitinha, plutôt que strictement sur Pacho. Kimmich, par conséquent relégué un cran plus bas, (sur Fabian), ne sortait sur Vitinha que lorsque le Bayern enclenchait son pressing haut, dans un mouvement coordonné avec Gnabry.

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Au Parc, cette saison, le Bayern a tempéré son pressing. Gnabry marquait Vitinha, point de référence de la relance. Gnabry montait sur Pacho (laissé libre) et Kimmich sur Vitinha uniquement lorsque les circonstances l’exigeaient et que les Bavarois estimait que le joueur de Kimmich (Ruiz) pouvait être temporairement abandonné.

Y compris lors de cette phase conquérante, Upamecano restait le « +1 » du Bayern, finalement assez prudent.

Bien entendu, il y a de bonnes chances de voir le Bayern souscrire à cette approche raisonnable face à un Real qui a fait de l’aspiration de centraux adverses une spécialité, dans le simili-losange, concocté par Arbeloa en l’absence de Mbappe, dans lequel le rôle de Vinicius et de Valverde (duo d’attaque) se confond avec celui d’une paire d’ailiers. En feu, l’Uruguayen rayonne au moment d’attaquer l’espace que le Real ouvre en faisant sortir les centraux adverses.

C’était criant face à City, et tout autant face à l’Atleti : Arda et Brahim, les deux éléments les plus offensifs du losange, draguent les centraux adverses, comme un double faux 9. Positionnés "en coin" dans la moitié du Real, Valverde et Vinicius attendent que le central adverse abandonne son latéral pour partir de leur camp et rompre vers le but adverse.

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Guehi sort sur Brahim, Valverde se retrouve à 1v1 avec le latéral et ne se fait pas prier pour attaquer le but : 2-0 pour le Real

2) Quelle utilisation pour Mbappe ?

Problème pour le Real : ce bel équilibre offensif a été trouvé sans Mbappe, qui revient tout juste de blessure. Devant le trident Arda – Tchouameni – Pitarch, c’est en quelque sorte au poste d’avant-centre que Brahim Diaz parfaitement taillé pour le rôle de faux 9 s’est imposé, à la place de Mbappe.

Alors que Vinicius est indiscutable sur l’aile gauche, Arbeloa se trouve face à un dilemme pour réintégrer Mbappe : le laisser jouer 9, au risque de perdre en pouvoir d’aspiration des DC, ou basculer Valverde en 9 et demi pour offrir l’aile "profonde" droite à Mbappe.

Entré 13 minutes avant l’expulsion de l’Uruguayen (à nouveau brillant dans le même registre) face à l’Atletico, le Français avait évolué légèrement à droite de l’axe, alors que Brahim occupait le rôle d’Arda Güler, reculé dans le (quasi) double pivot en lieu et place de Pitarch.

Si on s’en tient à la logique du Bayern dans les gros matchs : Brahim devrait donc être la priorité de Kimmich, alors que Pavlovic devrait gérer le second 6 (Pitarch ou Arda) et Gnabry sur Tchouameni.

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On peut tourner le problème dans tous les sens : dans cette configuration, à moins de prendre le rôle de Valverde, Mbappe devra produire un minimum de décrochages (et mettre la menace à exécution s’il est connecté dans les pieds) pour s’intégrer à cette mécanique sans la briser.

On le voit ci-dessus, si Kimmich ne lâche pas Brahim, et qu’Upamecano reste en couverture de Vinicius, Mbappe doit poser une question à Tah en décrochant, pour permettre la diagonale Huijsen – Valverde. C’est net face à City comme vu plus haut : le Real avec Arda et Brahim, attaque avec deux faux 9.

Utilisé par Leipzig, qui avait créé de nombreux temps fort face au Bayern, "la triple-largeur" pourrait également être une option viable pour le Real, et permettrait d’injecter un maximum de confusion à Kimmich, et forcerait Upamecano à faire un choix difficile.

triple-largeur-mbappe

Face à l’Atletico, c’est pendant le cours laps de temps qui a vu le Real jouer en 4213, avec Mbappe "à la place" de Arda que Vinicius inscrit le but vainqueur. Une option donc tout à fait crédible.

Un peu timide au moment de décrocher, le Français avait forcé Trent à un énorme dépassement de fonction sur le but de Vinicius : c’est balle au pied, en conduisant dans un mouvement un peu forcé que l’Anglais a trouvé une position libre face à la défense, avant que le talent de Vini ne fasse le reste.

3) Transition défensive du Real : sortir du contre-pressing pour isoler le latéral

Si le Bayern est sans doute au fait de ce que les adversaires ont identifié de leur façon de défendre, il ne sera surement pas en reste au moment de pointer les failles structurelles du très Madridiste Arbeloa. Empreint d’une humilité non-feinte, l’Espagnol est totalement imprégné par la culture locale qui voit plus le jeu à travers des joueurs et des moments, qu’à travers des systèmes et des entraineurs. À l’image d’un Ancelotti, il ne mettra jamais un joueur en dessous d’un système.

Le pressing (et donc la transition offensive !) semble autant conçu pour générer un bloc compact, que pour mettre Vinicius dans les meilleures dispositions pour contre-attaquer, proche de l’axe et du but adverse, et relativement déchargé d’efforts.

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Pressing compact du Real : Arda est le "Matuidi" de Vinicius

Un choix parfaitement sensé au vu des aptitudes du nouveau « Mr Champions’ » du Real, mais qui ouvre un certain nombre de possibilités à l’adversaire lorsque celui-ci se sort du pressing ou du contre-pressing madrilène.

On l’a vu, les hommes d’Arbeloa ont vocation à se regrouper pendant la phase offensive : avoir un milieu compact autour du ballon à la perte est donc logique. Cela dit, le faible investissement de Vini fait du latéral un orphelin bien vulnérable, dont la capacité de survie en 1v1 (voire en 1v2 !) sera certainement une clé de ce double choc.

C’est net lorsqu’on met bout-à-bout les temps de jeu offensif de l’Atletico : que ce soit à la récupération, ou au moment de construire, les Colchoneros ont cherché à fixer le Real d’un côté, avant d’aller jouer le 1v1 de l’autre face au défenseur isolé.

4) Animation défensive du Real : des défenseur (également) aspirés : une aubaine pour Kane ?

Tous ces constats sur l’attitude à la perte se confondent logiquement avec ceux qu’on peut établir sur l’animation défensive du Real en tant que telle. Comme Kompany, Arbeloa a lui aussi la volonté claire de prêter main forte à son milieu de terrain en engageant ses défenseurs vers l’avant.

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Avec un duo d’attaque Griezmann – Alvarez habile dans l’art du décrochage, les Colchos ont appuyé sur cette caractéristique pour faire vaciller le Real. On le voit bien sur le but de Lookman, c’est Carvajal qui s’engage comme un 6 sur Griezmann (une attitude trop franche pour être improvisée) provoquant l’isolation de Rudiger, après un jeu "dans le fermé" à droite, dont l’Atleti a le secret, et qui matche avec les mouvements de Kimmich (Koke ci-dessous), habituel initiateur des tourbillons du Brazil München.

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Comment ne pas faire le lien avec les innombrables séquences sur lesquelles Kane et Gnabry décrochent jusqu’à leur propre défense ?

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Le mouvement de Koke sur le but du 1-0 rappelle ceux de Kimmich lorsque le Bayern initie ses tourbillons. Avec une propension nette à sortir sur les décrochages, Rudiger et Huijsen seront certainement testé, par les habituelles farandoles du Bayern

Une option qui laisse d’ailleurs envisager un bouleversement du pressing bavarois, qui ne serait pas insensé : mettre Kane et Gnabry sur Tchouameni et Pitarch. Et laisser ainsi Kimmich et Pavlovic gérer le "double faux 9", sans que le 6 bavarois soit submergé, comme le fut Rodri.

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Une option qui aurait aussi le mérite d’optimiser le passage de la défense à l’attaque et inversement, au vu de la tendance nette de Kane et Gnabry à se transformer en milieux. À condition bien sûr que l’Anglais soit opérationnel. Début de réponse dans quelques heures...

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