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Analyse Football

Ce Borussia qui n'emballe pas

Lortho

Le paradoxe, cette saison à Dortmund, est flagrant : 2e du championnat, auteur de l'une des meilleures phases aller de son histoire sur le plan comptable, le Borussia ne séduit pas pour autant. De sorte que dès qu'il s'incline, comme cette semaine face à Tottenham en Ligue des champions (0-2), les critiques rejaillissent avec vigueur.

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Serhou Guirassy cherche souvent en vain, cette saison, la connexion avec ses partenaires. © IMAGO / DeFodi Images

Quand vous perdez face à plus fort que vous, vous avez toutes les chances que vos supporters, et le public en général, fassent la part des choses. De ce point de vue, la défaite du Borussia Dortmund à Londres face à Tottenham, mardi en Ligue des champions (0-2), surtout en infériorité numérique pendant plus d'une heure, n'a rien d'infamante en soi. Pas plus que le seul revers des Schwarzgelben en championnat cette saison, à Munich (1-2) face à l'intouchable leader. De même, tant que vous gagnez, peu importe la manière, vous êtes relativement épargnés. L'ancien tennisman américain Brad Gilbert en a même fait le titre de sa biographie, Winning Ugly (gagner salement). Lorsque nos confrères de Tennis Magazine titraient, dans les années 1990 à propos de Steffi Graf, « Elle joue mal mais elle gagne », c'était tout sauf un manque de respect : le constat d'une implacable supériorité.

Le Borussia Dortmund, en dépit de ses résultats donc très satisfaisants – élimination en Coupe d'Allemagne mise à part face à un Bayer féroce, ce jour-là –, réussit pourtant à agacer tant le jeu qu'il propose est éloigné de l'image de panache qu'il renvoie habituellement. Son entraîneur, jusqu'ici, avait la parade : « On se concentre avant tout sur le résultat. La manière vient en bonus. C'est là-dessus que nous pouvons progresser. » Mais, si la patience de ses supporters semble demeurer intacte – encore que des sifflets se soient fait entendre à la mi-temps, au Signal Iduna Park, contre le Werder, le week-end dernier –, celle des observateurs chancelle. Car ces derniers – c'est aussi leur fond de commerce – s'attachent au contenu, autant qu'à la forme. Et là, il y a fort à redire. Oui, Dortmund compte 11 points de plus que la saison passée au même stade. Oui, Dortmund a terminé la moitié de ses matches de Bundesliga sans encaisser de but. Le mécontentement, pourtant, croît.

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Concentré sur la solidité de son équipe, Niko Kovac n'a pas la recette pour emballer le jeu.

Litanie de mauvaises passes

Tout n'est pas hideux pour autant : contre le Werder, rien à redire à l'ouverture du score, en début de match, de Nico Schlotterbeck, parfaitement servi par un coup de coin de Julian Ryerson. Mais, ensuite, le spectacle s'est considérablement dégradé. Sans un Kobel de gala – comme souvent – et un manque de réalisme flagrant, le SVW aurait marqué. Et le Borussia, en dépit d'un éclair de Sabitzer pour le 2-0, s'est perdu dans une construction du jeu médiocre, sinon inexistante. Hésitante, imprécise, sans inspiration. Comment, dans ce contexte, en vouloir aux avant-centres de marquer si peu ? Fabio Silva ne marque jamais. Serhou Guirassy traîne son âme en peine sur le terrain depuis des mois et son temps de jeu diminue. Son geste défensif catastrophique contre Francfort, le 9 janvier (3-3), qui a offert un penalty à l'équipe adverse, est le symbole de son errance du moment.

Lorsqu'il a porté le score à 3-0 contre le Werder, alors que ce dernier était à bout de forces, le Guinéen a pu entendre ses supporters exulter pour lui. Une espèce de délivrance, tant ses buts son rares cette saison. Guirassy n'est pas servi et se retrouve généralement dans la situation de l'écrivain qui brûle d'entretenir une correspondance mais à qui le facteur ne livre pas le courrier. Son entraîneur, lui, s'affiche un peu dans le rôle d'un chef des services postaux qui se vanterait de réduire les coûts sans se soucier de la qualité du service à l'usager – c'est-à-dire le spectateur qui paie sa place. C'est l'éternel fond de sauce un peu rustique qui accompagne partout Niko Kovac indépendamment de son élégance sur la forme. Dans les coulisses, à Dortmund, on n'est pas dupe et la crispation n'est pas loin. Courtisé par Hambourg pour les fonctions de directeur sportif abandonné par Stefan Kuntz, Sebastian Kehl, qui visait ce même poste dans la Ruhr en 2024 – Lars Ricken lui avait soufflé en interne – refuse de s'exprimer à ce sujet. « Il se concentre sur les transferts à venir », a lâché Ricken en début de semaine. Les joueurs, eux, doivent désormais penser au déplacement de samedi, à Berlin, pour y affronter l'Union. Une équipe crispante, elle aussi, mais surtout pour ses adversaires.

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