Ce Cologne qui prend l'eau
Avec sept parties consécutives sans victoire, le FC Cologne descend inexorablement au classement et dilapide petit à petit les dividendes de son bon début de saison. La venue du Bayern, ce mercredi soir en direct sur Sky Sport (20:30), est l'occasion d'un électrochoc.
C'est l'attraction du moment à Cologne, et la comparaison avec un autre prodige qui vient ce mercredi en visite au bord du Rhin est une facilité médiatique bien tentante. Si Lennart Karl, le milieu offensif de 17 ans du Bayern, occupe les conversations dans le sud de l'Allemagne, le FC Cologne a aussi son joyau en magasin : Saïd El Mala, international allemand espoir de 19 ans, convoqué par le sélectionneur des A, Julian Nagelsmann, en novembre, concentre toute l'attention autour du Effzeh. Le parcours du jeune homme, propulsé de deux divisions en un temps record – il évoluait jusqu'à cette saison au Viktoria Köln – fait évidemment sensation mais l'attrait qu'il suscite vient aussi du fait que le club entraîné par Lukas Kwasniok n'a guère d'autres arguments à présenter, ces temps-ci, que sa star en devenir.
Certes, le point pris à Heidenheim, samedi dernier (2-2), n'est pas infamant. Mais la série de matches sans victoire dans laquelle s'enfonce Cologne n'a rien de bien enthousiasmant et la tension, ces derniers jours, est montée d'un cran. Les bouillants supporters du Effzeh ont reproché à leur entraîneur, à travers une banderole ostentatoire, de ne pas accorder davantage de temps de jeu à Saïd El Mala. En réponse, Kwasniok entend faire la part des choses : le coach, donc celui qui décide et qui gère l'effectif, c'est lui, et non une quelconque vox populi. De même, pour passer de bonnes fêtes malgré la conjoncture sportive morose, il s'agissait d'être capable de distinguer vie privée et vie professionnelle. « Même si c'est difficile, il faut être savoir garder de la décence dans la défaite », disait-il après le revers à domicile contre Union Berlin, le 20 décembre (0-1). L'entraîneur polonais sait que, pour le promu, le chemin du maintien demeure incertain. « Ce sera dur », assume-t-il. « Mais j'invite tout le monde à nous accompagner dans cette quête. » Manière d'essayer de faire retomber la pression.
Impitoyable Bundesliga
Si Kwasniok injecte une dose de méthode Coué dans son discours, c'est qu'il est à la fois conscient de la difficulté – Cologne n'a pris que trois points en deux mois – et du potentiel de son groupe, dont la dernière victoire remonte à début novembre mais qui avait, alors, goulument balayé l'autre promu, le HSV, 4-1. C'est aussi qu'il sait qu'après l'euphorie du début de saison – deux victoires en deux matches –, la désillusion guette. « Nous sommes quelque peu déçus », admet-il. Officiellement, pourtant, l'objectif de la saison n'a jamais été rien d'autre que le maintien, qui demeure du reste plus qu'accessible puisque Cologne pointe à la 11e place à mi-saison. Seulement, la Bundesliga est impitoyable : lorsque les Domstädter contrôlent le match, comme contre Berlin, ou contre Saint-Pauli un peu plus tôt, ils encaissent un but dans les arrêts de jeu. Douloureuses expériences qui font partie de l'apprentissage de l'élite et qui contrastent avec les courtes et précieuses victoires de l'automne (2-1 contre Regensburg, 1-0 contre Mayence, 1-0 contre Hoffenheim).
Adepte de la cohésion, Kwasniok doit aussi essuyer ces erreurs individuelles qui coûtent cher et face auxquelles les entraîneurs, depuis leur banc, sont impuissants, comme contre Mönchengladbach (1-3) ou l'Eintracht (3-4) tel penalty bêtement concédé ou telle expulsion superflue. Quels enseignements en tirer ? Travailler les phases arrêtées défensives – Cologne est l'équipe qui concède le plus de buts, en Bundesliga, sur ces séquences de jeu. Travailler aussi dans le secteur offensif, afin de ne pas dépendre que de Saïd El Mala. « Il faut que les joueurs consentent à faire le “sale boulot” avant que les artistes fassent la différence », réclame le technicien polonais. Qui n'aura pas manqué de constater que le cœur du jeu manquait d'impulsion, avec un impact trop faible des milieux de terrain axiaux en dépit d'une possession du ballon souvent excédentaire. Ce mercredi soir, contre le Bayern, les Kölner auront donc besoin d'un authentique exploit pour réussir une performance, que Saïd El Mala soit titulaire ou pas : ils n'ont plus gagné face à un leader de Bundesliga, quel qu'il soit, depuis septembre 2008.