De Hranac le jeune à Hranac l'ancien
Aux côtés de son compatriote Vladimir Coufal, Robin Hranac, 25 ans, est passé en quelques mois, à Hoffenheim, du statut d'erreur de casting à celui de titulaire au sein d'un club qui, ce mardi soir en match en retard à Brême, cherchera à consolider sa sensationnelle 3e place au classement de la Bundesliga.
Cliché ou généralité, qu'importe. Les Tchèques, dans le sport, ont la réputation d'être tenaces. Robin Hranac, arrivé en août 2024 à Hoffenheim, en est la meilleure illustration. À l'issue d'une première saison catastrophique, d'autres que lui auraient lâché l'affaire. Cherché la fuite, poussé pour un transfert. Il l'a avoué depuis, cet exercice 2024-2025 fut le plus pénible de sa carrière, qui n'avait jusque là serpenté que dans son pays natal, entre Pilsen et Pardubice. Recruté pour renforcer la défense centrale du TSG, voire pour y incarner un titulaire en puissance, Hranac s'est retrouvé en tribunes, loin du terrain, catalogué au rayon des erreurs de casting. « Le pire moment, ce fut probablement lorsque je n'ai même pas été appelé dans le groupe pour un match », confirme-t-il au bi-hebdomadaire kicker. « Je n'avais jamais vécu cela. »
Le contexte, à sa décharge, était turbulent. L'équipe se battait pour assurer son maintien en Bundesliga, sa direction était dans la tourmente, son entraîneur en sursis. Résultat, un bilan famélique : quatre petites apparitions sur le terrain sur toute la saison. « À ce moment-là, c'est sûr, ma confiance en moi n'était pas à son meilleur niveau », lâche-t-il. « N'importe quel joueur aurait pâti d'une telle situation, je crois. Avec le temps, ça s'est amélioré mais, tant qu'on ne joue pas, on ne peut pas savoir où l'on se situe. » L'étiquette de candidat à la vente, inévitablement, allait lui être collée sur le dos, d'autant qu'à l'été 2025, le directeur sportif Andreas Schicker appelait de ses vœux un nouveau départ.
Le coup de pouce Kabak
Mais Robin Hranac est resté et a saisi sa seconde chance avec avidité. Comme souvent dans le football, il a profité d'un petit coup de pouce du destin. En l'occurrence, une date de fin de convalescence extrêmement floue pour Ozan Kabak, l'un de ses concurrents en défense centrale. Mais le Tchèque a aussi su se frayer un chemin comme titulaire au détriment du Nigérian Kevin Akpoguma, un historique de la maison, ou du Brésilien Arthur Chaves, qui vient de faire ses valises pour Augsbourg. Avec 17 titularisations sur 18 possibles, Hranac fait désormais partie du décor dans un club qui a admis, dans sa communication officielle, que sa première saison avait été « compliquée ».
La concurrence, avec le retour de Kabak – titulaire et buteur contre Francfort le week-end dernier – va néanmoins s'aiguiser. En l'absence de blessures ou de suspensions, l'entraîneur Christian Ilzer se retrouve avec l'embarras du choix en défense. Mais Hranac a désormais quelques certitudes. Avec le recul, il estime, à cet égard, que sa première saison en Allemagne constitue une expérience « très importante. J'ai appris, durant cette période, comment composer avec une situation difficile et, surtout, à quel point il est crucial de ne pas lâcher et de continuer à croire en soi. L'important, c'est la façon dont on se remet d'un coup dur et ce qu'on en fait. »
Le rêve de la Premier League
Il lui a fallu, en début de saison, quelques rencontres pour retrouver le rythme. « Je suis même convaincu que j'ai encore du potentiel sur tous les plans : physique, technique, mental, et même tactique », expose-t-il. Cette progression qu'il appelle de ses vœux lui sera précieuse s'il veut un jour s'affirmer en Premier League, son principal rêve de footballeur. « Ça viendra en temps voulu », se persuade-t-il. Pour l'heure, l'international tchèque dispose chez les Kraichgauer d'un contrat jusqu'en 2028. Où il évolue le plus souvent au côté de son exemplaire compatriote Vladimir Coufal, international comme lui. Une sorte de zone de confort avant de nouvelles aventures.