Deux équipes à la recherche de leur power-play
Un septième match décisif aura lieu mercredi entre Fribourg-Gottéron et les Rapperswil-Jona Lakers. Le vainqueur sera qualifié pour les demi-finales. Cette série reste autant ouverte qu'imprévisible.
Sur le papier, Gottéron devrait entamer le match dans le costume du favori. Le deuxième de la qualification contre le septième, c'est normalement une affaire assez simple. Dans l'histoire des quarts de finale des play-off, il y a eu 31 fois un match 7: l'outsider n'en est sorti gagnant qu'à quatre reprises.
Mais la logique n'est pas toujours respectée, et surtout dans cette série qui n'en finit pas de rebondir. Lundi, les Lakers auraient pu classer l'affaire. Ils ont dominé (34 tirs à 16), ont joué huit fois en supériorité numérique, mais ont perdu 3-1. "C'est très amer de perdre de cette manière", a réagi Yannick-Lennart Albrecht. "Nous avons mis énormément de puissance et d'énergie dans ce match, mais nous n'avons pas assez marqué", a-t-il déploré.
La principale raison de cette disette offensive, c'est le power-play. Lundi, "Rappi" a été incapable de profiter de nombreuses situations à cinq contre quatre, et même aussi à cinq contre trois. Fribourg se trouve dans une situation similaire, avec un jeu de puissance totalement impuissant.
Ce terrible manque d'efficacité interpelle les joueurs des deux camps. "Inexplicable" ou "ensorcelé" pour Albrecht, "absurde" selon le Dragon Christophe Bertschy. Les deux équipes ont évolué chacune au total presque une heure en supériorité numérique, avec un bilan famélique: pas le moindre but pour Fribourg, un seul pour Rapperswil lors du match 2. Selon les statistiques de la qualification, Gottéron aurait au minimum dû marquer sept fois et les Lakers cinq.
Bertschy est certain que son équipe "va revoir" son jeu de puissance avant la rencontre de mercredi. "Nous jouerons à la maison. Tout est entre nos mains", explique l'attaquant international.
Mais le fait d'évoluer devant son public est-il encore vraiment un avantage? Les Lakers ont gagné deux des trois matches de la série joués sur les bords de la Sarine. Et ils avaient aussi remporté deux rencontres à Fribourg lors de la qualification. Donc Gottéron a perdu quatre des cinq dernières rencontres à domicile contre "Rappi". Ils ont inscrit plus de deux buts qu'une fois, lors du 4-0 dans le match 3 de la série.
Samedi, lors du revers 2-1 dans l'acte V, les Dragons avaient fait preuve d'une incroyable crispation, livrant leur "plus mauvaise prestation" de la saison, selon le directeur sportif Gerd Zenhäusern.
Roger Rönnberg en a tiré les leçons. "Samedi, nous avons fait tout faux. Il ne faudra pas répéter les mêmes erreurs", a martelé l'entraîneur suédois de Fribourg. Le défenseur Simon Seiler donne la marche à suivre. "Nous savons ce que nous avons à faire. On va entamer le match à fond. Et si quelqu'un a besoin d'un surplus de motivation, il n'aura qu'à regarder Julien (Sprunger) dans le vestiaire."
Le capitaine fribourgeois, âgé de 40 ans, rangera ses patins au terme de la saison après avoir disputé l'intégralité de sa carrière dans son club formateur. Jouer son dernier match mercredi serait un bien mauvais poisson d'avril pour le club.