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Analyse Football

Ernest Poku, vite et bien

Lortho

Le jeune Néerlandais, arrivé d'Alkmaar l'été dernier, n'était certainement pas la tête de gondole du recrutement du Bayer. Mais Ernest Poku a su saisir sa chance à pleines mains au point de devenir un élément fondamental de l'attaque des vice-champions d'Allemagne.

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Contre Cologne (2-0), le 13 décembre. © IMAGO / Laci Perenyi

Il arrivait sur les bords du Rhin avec une étiquette sur le dos : parti trop vite, trop tôt. Les confrères néerlandais, l'été dernier, étaient sceptiques quant à une hypothétique réussite du jeune ailier d'AZ chez le voisin allemand. Pourquoi un club de pointe de Bundesliga pouvait-il bien s'intéresser à un joueur qui n'avait pas encore acquis ses galons de titulaire en Eredivisie ? Le bilan d'Ernest Poku, depuis ses débuts parmi l'élite quatre ans plus tôt, à l'âge de 17 ans, n'était pas fracassant au point de faire se lever les foules. Deux buts en quinze matches de 2e division avec l'équipe réserve d'Alkmaar, puis trois buts et sept passes décisives en 49 apparitions en Eredivisie : correct, pas flamboyant. Les observateurs les plus attentifs, cependant, n'avaient pas manqué de noter ses exploits en Youth League, en 2023, remportée par AZ et au cours de laquelle il avait inscrit huit buts.

Sa vitesse de pointe, elle, faisait quelques envieux depuis un moment déjà. À l'Euro Espoir, en juin dernier, c'est lui qui fut chronométré le plus rapide. Un atout qu'il ne manque pas d'exploiter aujourd'hui, à la manière de son compatriote et illustre prédécesseur au Bayer Jeremie Frimpong, qu'il a suppléé avec appétit. Et avec quatre buts et cinq passes décisives (dont une aux Pays-Bas avant son transfert) depuis le début de la saison en club, cette vélocité fait un certain dégât. Ce bilan comptable range Poku parmi les joueurs les plus efficaces du Bayer, qui y ajoute d'autres moments décisifs en sélection avec les Espoirs. Une constance qui témoigne non seulement de qualités techniques mais aussi d'une franche confiance en soi.

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La vitesse, atout n°1 de l'ailier néerlandais.

« Je suis prêt ! »

L'insaisissable Néerlandais se montre lui-même un peu interloqué par une telle réussite. Comme d'autres joueurs du Bayer, tel Ibrahim Maza, il a su profiter du profond chantier issu des innombrables départs de l'intersaison. « Je ne m'attendais pas à ça, mais je suis prêt ! », dit-il avec honnêteté. Poku, de fait, a donné de la vitesse et de la profondeur à une équipe dont la grande majorité des acteurs pensaient plutôt jeu dans les pieds et petits espaces. Il a mis de l'électricité dans le statique qui menaçait d'encalminer le Bayer de l'après Xabi Alonso. Son entraîneur a eu tôt fait d'identifier ce problème et de confier du temps de jeu à son zébulon offensif. Poku répond beaucoup mieux qu'un Echeverri – reparti depuis vers l'Angleterre – ou qu'un Ben Seghir à un jeu lancé dans le dos de la défense adverse. Des caractéristiques qui correspondent aussi parfaitement à Nathan Tella, pour peu que le Nigérian ne soit pas blessé.

« Nous espérions que les autres joueurs sachent profiter de sa vitesse », dévoile aujourd'hui le directeur sportif Simon Rolfes. « Avec ce désir qu'il soit dangereux devant le but et qu'il score davantage. » L'ancien milieu défensif international a montré, ces dernières années, qu'il avait du flair en matière de recrutement mais, dans ce cas précis, le timing est parfait : enrôlé pour 10 M€, le natif d'Hambourg en vaut aujourd'hui le double et, si ses qualités avaient éclaté au grand jour en Eredivisie, le Bayer n'aurait sans doute pas été en mesure de l'attirer à lui. À présent qu'il l'a sous contrat jusqu'en juin 2030, il jouit pleinement de sa fulgurante progression. Sur les bords du Rhin, sa rapidité d'adaptation, la maturité – encore perfectible néanmoins – et la constance dont il fait preuve ont bluffé bien du monde... le joueur y compris.

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Un temps de jeu conséquent, y compris en Ligue des champions, comme ici contre Newcastle (2-2).

Éclosion tardive

Ce n'est qu'après avoir louvoyé de longues années dans de modestes clubs d'Amsterdam – ses parents avaient déménagé dans la grande ville néerlandaise alors qu'il avait 6 ans – qu'Ernest Poku s'est inscrit dans un processus de formation classique à Alkmaar. Cette éclosion tardive fait croire à son directeur sportif qu'une partie de son potentiel demeure inexploité. De fait, les secteurs susceptibles d'amélioration dans son jeu sont assez ostensibles, tel le premier contact, telle la conduite de balle. Sans maîtrise, la vitesse n'est rien, pourrait paraphraser un célèbre publicitaire. Mais il est plus aisé de progresser techniquement que de gagner de la vitesse, secteur dans lequel le Bayer ne veut pas brider son ailier.

À Alkmaar, Poku pouvait évoluer indifféremment à gauche, à droite ou dans l'axe. Hjulmand, au Bayer, ne se prive pas de le changer de côté non plus si nécessaire. Contre City, à Manchester (2-0), il évoluait ailier droit. Contre le BvB, à Dortmund, en Coupe d'Allemagne (1-0), ailier gauche. Le Néerlandais ne s'en plaint pas, de même qu'il s'adonne sans rechigner aux tâches défensives, où il peut laisser s'exprimer ses grosses qualités physiques. Sa soif d'apprendre lui permet aussi de se rapprocher de son rêve, atteindre la sélection batave. Une perspective nettement moins irréaliste aujourd'hui qu'elle n'aurait semblé avant son arrivée chez le vice-champion d'Allemagne.

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