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Exclusif – Bernard Lama : « Lucas Chevalier doit et va encore progresser »

Patrick

Bernard Lama nous a accordé un entretien, l'occasion de balayer l'actualité foot, le PSG mais aussi ses projets actuels. Le champion du monde s'est montré comme à son habitude, souriant, décontracté et sans langue de bois.

Lama
Bernard Lama au siège de la Ligue de Football Professionnel. © LFP

À quoi ressemblent tes journées en ce moment ? Es-tu impliqué dans de nouveaux projets ?

Je suis toujours sur des projets. Si je n’en avais pas, je ne pourrais plus vivre, je m’ennuierais trop vite. Actuellement, je suis en train de construire une deuxième usine d’embouteillage d’eau en Guyane. Et puis, dans le domaine du football, je viens de créer une structure avec un ami pour suivre les jeunes et accompagner les clubs dans leur organisation. Je suis donc sur plusieurs projets, je bouge beaucoup, notamment au Maroc, en particulier à Berkane. J’apprécie énormément le travail qui y est réalisé, que ce soit par les Marocains ou par les Sénégalais.

Avec un emploi du temps aussi chargé, trouves-tu encore le temps de regarder du football ?

Oui. En ce moment, j’ai beaucoup suivi la CAN, parce que j’ai toujours aimé cette compétition. D’autant plus que cette année, il y a eu de très bons matches et que le niveau des sélections africaines s’est vraiment élevé. J’étais en Côte d’Ivoire lors de la précédente CAN, et le niveau technique ainsi que l’intensité n’étaient pas les mêmes que cette année. Je suis aussi la Ligue 1, bien sûr le PSG, mais également la Ligue des champions. En dehors de cela, il m’arrive de regarder de temps en temps un match de Premier League, mais pas plus. Je pense qu’à travers la Ligue des champions, on a déjà un bon aperçu de ce qui se fait dans les autres grands championnats européens.

Quel est ton gardien préféré actuellement ?

J’aime beaucoup ceux du PSG, je les trouve très bons tous les deux. Il y a aussi Mike Maignan, que je suis depuis son éclosion à Lille, d’autant plus que nous partageons les mêmes origines guyanaises. En dehors d’eux, il n’y en a pas forcément qui me viennent immédiatement à l’esprit. Je regarde le football de manière assez détachée, sans analyser en profondeur les performances de tel ou tel joueur. Il n'y a que le PSG pour qui j'ai une attache particulière même si je suis tous mes anciens clubs.

Justement, comment as-tu vécu le sacre tant attendu du PSG en Ligue des champions ?

J’étais assez serein concernant nos chances. La saison passée, il n’y avait qu’une équipe qui me faisait réellement peur, et c’était Liverpool. Finalement, on les a éteints comme les autres. Quand je regarde le PSG aujourd’hui, je suis globalement tranquille, car je sais que c’est une équipe de très haut niveau et qu’il faut que l'adversaire soit extrêmement fort pour la battre. Ils ont les cartes en main, avec tellement de joueurs capables de faire la différence à tout moment et ça tu ne le trouves pas dans tous les clubs. Quand tu vois Nuno Mendes éteindre Mohamed Salah sur deux matches, c’est très fort. Quand tu vois Pacho tenir la défense avec une telle propreté, c’est admirable aussi. Je ne me focalise pas uniquement sur le buteur, c’est l’ensemble de ces éléments qui m’impressionnent dans ce PSG.

L’un des grands artisans de ce sacre est Gianluigi Donnarumma. As-tu compris qu’on le pousse vers la sortie ? Luis Enrique a-t-il commis une erreur en se séparant de lui ?

Je ne sais pas s’il a commis une erreur, mais je comprends ce qui a été fait. Ça a été dur pour Donnarumma, surtout au regard de sa deuxième partie de saison, où il a été déterminant. C’est exactement ce qu’on demande à un gardien : être décisif. Après, Gigio, on le connaît depuis longtemps, et malheureusement, il ne s’est pas développé comme le football moderne l’exige. Son jeu au pied n’est pas exceptionnel, et c’est d’ailleurs surprenant de le voir à Manchester City avec un entraîneur comme Guardiola. Je ne le trouve pas non plus très fort dans le jeu aérien. Luis Enrique a clairement expliqué qu’il souhaitait un profil différent. C’est ce qu’ils sont allés chercher avec Lucas Chevalier, et dans une moindre mesure avec Matvey Safonov. On parle malgré tout de gardiens de classe internationale : ce ne sont pas des joueurs inconnus. Ce sont des gardiens jeunes, talentueux, donc il faut rester mesurés.

Lucas Chevalier était-il le meilleur choix pour succéder à un gardien aussi grand que Donnarumma dans l’histoire du PSG ? Aurais-tu fait le même choix ?

Il n’y avait pas énormément d’options. En France, il n’y a plus beaucoup de gardiens français, et cela m’interpelle : est-ce qu’ils ne sont pas assez bons, ou est-ce qu’on ne leur fait pas suffisamment confiance ? Lucas Chevalier compte tout de même trois saisons en pro avec le LOSC et était convoité par plusieurs grands clubs européens. Je trouve que c’est une bonne chose que le PSG l’ait récupéré. Il est international, il a un vrai potentiel, et surtout, il est à un âge qui lui permet encore de progresser et de devenir encore meilleur. Je ne trouve pas ce choix déconnant.

Toi qui connais parfaitement la pression extrême qui règne au PSG, surtout pour un gardien, quels conseils lui donnerais-tu pour traverser cette période délicate ?

Je ne pense pas qu’il soit réellement en difficulté. Il faut comprendre que Lucas Chevalier est un garçon de 23 ans qui a déjà atteint un très haut niveau à Lille, mais qui n’a pas encore l’expérience d’un gardien de 28 ans ayant connu plusieurs grands clubs. Il faut donc lui laisser du temps. On lui a mis beaucoup de pression très rapidement. Il doit digérer ce changement, car être à Lille et être à Paris, ce n’est pas du tout la même chose. Le PSG, quels que soient ses joueurs ou ses résultats, sera toujours plus regardé que les autres clubs. C’est le club de la capitale, le champion d’Europe en titre, on est au sommet du football mondial. Changer de dimension de cette manière n’est évident pour aucun joueur. Je pense qu’il a besoin de quelques mois et de matches références pour bien s’installer et continuer à grandir, car il doit et va encore progresser. L’atmosphère qui entoure le PSG, tant que tu ne la vis pas, tu ne peux pas la comprendre ni la gérer. On a vu énormément de joueurs briller ailleurs et disparaître en arrivant au PSG parce qu’ils n’avaient pas réussi à franchir ce palier. À nous de faire tout ce qu’il faut pour l’aider à devenir un élément incontournable du club.

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