La Suisse se frotte à l'épouvantail norvégien
La Suisse boucle la première trêve internationale de l'année mardi à Oslo (18h00). Puissance émergente du football européen, la Norvège s'avance comme l'un des épouvantails du prochain Mondial.
Les Scandinaves s'apprêtent à retrouver le devant de la scène, vingt-six ans après leur dernière participation à un grand tournoi (Euro 2000). Emmenés par les deux superstars Erling Haaland et Martin Odegaard, ils ont survolé leur groupe de qualification pour la Coupe du monde, ridiculisant par deux fois l'Italie (3-0 et 4-1).
Leurs trois autres adversaires dans cette campagne, Israël, l'Estonie et la Moldavie ont aussi été terrorisés par le "Cyborg" Haaland, qui a marqué le total hallucinant de 16 buts en 8 matches. A 25 ans, le "serial buteur" de Manchester City compte déjà 55 réussites sous le maillot de "Landslaget" (l'équipe nationale), en "seulement" 48 sélections.
Mais l'attaque norvégienne ne se résume pas à lui, puisqu'elle a fait trembler les filets 37 fois lors des qualifications (4,6 buts en moyenne par match). Elle peut aussi compter sur l'avant-centre de l'Atlético Madrid, Alexander Sorloth, qui forme avec Haaland un duo de colosses (194 et 195 cm).
La Norvège était donc pour beaucoup l'équipe à éviter lors du tirage au sort de la phase de groupes du Mondial, d'autant plus qu'elle figurait dans le chapeau 3. Elle a été placée dans un groupe particulièrement relevé avec la France, le Sénégal et une dernière nation qui sera l'Irak ou la Bolivie (barrage dans la nuit de mardi à mercredi).
La défense suisse, qui a déjà encaissé quatre buts vendredi contre l'Allemagne, sera donc mise une nouvelle fois à rude épreuve à l'Ullevaal Stadion. Il s'agit de retrouver la belle solidité de l'automne (2 buts encaissés en 6 matches), afin de ne pas arriver à la Coupe du monde avec une arrière-garde en manque de confiance.
"Ce sera très difficile, car c'est une équipe avec une super dynamique et des grosses individualités", a présagé Breel Embolo après la défaite face à la Mannschaft. L'attaquant bâlois a comparé la trajectoire de la Norvège avec celle d'autres nations que la Suisse a affrontées ces dernières années: "Il y a eu l'Islande, le Danemark et aussi la Serbie, mais on a toujours su leur répondre. On va aller là-bas pour chercher la victoire, et j'espère surtout que tout le monde va rester en bonne santé."
La dernière rencontre entre les deux pays remonte à plus de douze ans. En septembre 2013, la sélection alors entraînée par Ottmar Hitzfeld s'était imposée 2-0 à Oslo grâce à un doublé de Fabian Schär.
La Norvège aborde elle aussi ces retrouvailles avec l'envie de rebondir, après un premier match amical perdu vendredi aux Pays-Bas (2-1). Les Scandinaves évoluaient toutefois sans Erling Haaland, ménagé par son sélectionneur (il sera de retour mardi) ni Martin Odegaard, pas épargné par les blessures cette saison du côté d'Arsenal.
Cette défaite à Amsterdam a quelque peu fait retomber les Scandinaves de leur nuage, sans toutefois remettre en cause leur nouveau statut. "Ce n'est pas l'équipe que nous avons vue lors des qualifications. Nous n'étions pas au niveau des Pays-Bas, mais nous pourrons certainement rivaliser avec eux à la Coupe du monde", a déclaré Eirik Horneland, le consultant de la NRK, la télévision publique norvégienne.
"Nous avons donné à plusieurs joueurs l'opportunité de briller, et je pense que certains l'ont fait", a pour sa part jugé Stale Solbakken, qui, comme son homologue Murat Yakin, voit en cette trêve internationale la dernière occasion de faire des tests avant le grand rendez-vous estival.