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Analyse Football

Pourquoi le PSG est-il moins fort cette année ?

Hadrien

Avant d’affronter Chelsea, en huitièmes de finale aller de Ligue des champions, ce mercredi, le Paris-Saint-Germain n’est plus tout à fait l’équipe enthousiasmante de l’année passée. À la fois moins dominante, mais plus résiliente, l’équipe de Luis Enrique vit toujours pour le ballon, mais concède plus d’occasions et en crée moins. Explications en graphiques.

Lucho
Luis Enrique semble résigné, son équipe est à des années lumières de ce qu'elle montrait il y a un an © IMAGO / Anadolu Agency

On pouvait presque l’anticiper. Après une année auréolée de six titres, dont un sacre tant désiré en Europe, la machine Paris-Saint-Germain laisse apparaître quelques fêlures : des rendements individuels en baisse, un jeu collectif instable et des jambes ralenties. Mais pouvait-il en être autrement ? Pour l’un des effectifs les plus jeunes d’Europe (23,9 ans de moyenne d’âge), les dernières sorties majeures ont ressemblé à des missions à réaction, plus qu’à des démonstrations de force.

À l’heure d’affronter Chelsea, en huitièmes de finale aller de Ligue des champions, Paris semble bien loin de l’espoir naissant qui envahissait les corps, il y a tout juste un an. Avant de recevoir Liverpool, au Parc, l’équipe de Luis Enrique n’avait concédé que 0,5 but lors des huit matches précédents. Contre trois fois plus cette année. Il est vrai que dans les deux surfaces, l’équipe actuelle ne tient que très peu la comparaison. À pareille époque, 105 buts avaient déjà été inscrits, contre 35 concédés. Cette année, le ratio affiche une différence négative de vingt-cinq buts avec l’exercice précédent (87 marqués ; 42 encaissés). Un gouffre.

Mais Paris est-il si différent ? Pour trouver un premier élément de réponse, il faut ausculter le nombre d’occasions créées. Sur la scène nationale, l’an passé, les Rouge et Bleu généraient 3,04 expected goals par match. Soit quasiment un de plus par rapport à cette saison (2,3).

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En 2024-2025, Paris produisait régulièrement entre 2,5 et 3,5 expected goals par match en Ligue 1.
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Cette année, après 25 journées, Paris crée, le plus souvent, entre 1,5 et 2,5 expected goals par 90 minutes.

Plus que de produire moins d’occasions, le PSG ne sanctionne que très peu l’adversaire. 7ème équipe de Ligue 1 “en tirs convertis”, elle pointe au 19ème rang en Ligue des champions dans ce même exercice. Contre Newcastle, Le Havre ou Rennes, récemment, les Parisiens ont fait preuve d’une inefficacité chronique, rappelant les fantômes de l’automne 2024.
Si les absences répétées ont permis aux jeunes de s’illustrer (Mayulu utilisé en faux 9, Ndjantou sur le flanc gauche), la création offensive repose le plus souvent sur les épaules d’un seul homme : le très fiable Bradley Barcola. L’offensif le plus disponible depuis deux saisons. Si son déchet face aux cages est souvent décrié, son volume d’occasions le place parmi les tous meilleurs ailiers d’Europe.

Mais Paris ne sera pas Paris, tant qu’Ousmane Dembélé ne retrouvera pas sa forme d’antan. Relégué au 18e temps de jeu de l’effectif, le facteur X en 2025 incarne les maux parisiens du présent (blessures, fulgurances à défaut de stabilité). À date, il est le meilleur buteur de l’effectif, mais ne génère que 0,60 xG par match, contre 0,95 la saison passée.

Paris presse toujours aussi bien

Malgré les tourments, le PSG n’a pas renié son identité, trop marquée pour s’en défaire à la moindre contrariété. L’équipe de Luis Enrique vit pour le contrôle du ballon et n’en dérogera pas. Avec 69,1 % de possession en moyenne, elle affiche le deuxième taux des cinq grandes ligues, et le meilleur de Ligue des champions. Face aux 15 autres équipes encore en course, Paris reste surtout l’équipe la plus efficace à la perte de balle. Et la plus habile loin de sa cage.

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En moyenne, c’est au terme d'une séquence de 8 passes de l’adversaire que le PSG récupère le ballon. Ce qui constitue le meilleur taux de PPDA (“passes per defensive action”) parmi les seize clubs encore en lice. Le FC Barcelone, plus proche poursuivant, pointe à 8,9. À proximité du but adverse, Paris totalise 87,3 % de passes réussies. Considérée comme étant la meilleure équipe du moment, Arsenal affiche un ratio de 72,6 % et 10,2 PPDA.

Dans sa propre moitié de terrain, Paris affiche un tout autre visage. En France comme en Europe, il concède légèrement plus de buts qu’il ne devrait, si l’on se réfère aux expected goals. Responsable désigné, Lucas Chevalier a cédé sa place à Matvey Safonov depuis la fin janvier. Si la courbe de performance du Russe laisse présager de jours meilleurs, le portier français n’a jamais su prendre la mesure de son poste. Rares ont été les arrêts déterminants, ceux qui changent la face d’une rencontre et qui noircissent les lignes d’un CV. Même s’il n’est pas le seul fautif, Chevalier a concentré toute la fragilité des Parisiens aux abords de leur but.

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À ce jour, il existe trop peu de données significatives pour quantifier la performance d’un gardien. On ne peut juger de la même façon un portier d’une équipe dominante, qui doit réaliser un ou deux arrêts par match, et un autre qui serait beaucoup plus sollicité. Mais de tous les gardiens du top 24 en C1, Lucas Chevalier possède le plus faible pourcentage d’arrêts et le moins bon ratio de buts évités.

Des corps en souffrance

Le staff médical du PSG avait prévenu : aussi soigneux soient-ils avec leur corps, les joueurs se blesseront. Au grand dam de Luis Enrique qui n’a jamais pu reconduire les 10 joueurs de champ qui ont écrasé l’Inter Milan, en finale de Ligue des champions. Pour rappel, en 2024-2025, le club de la capitale a disputé 65 matches, en onze mois, et que trente jours séparaient l’ultime match de la saison record du premier de l’exercice en cours.

Fiables l’an passé, Fabian Ruiz, Achraf Hakimi et Joao Neves ne le sont plus. “C'est impossible d'avoir tous les joueurs prêts cette année. C'est impossible. On paye le prix de ce qu'on a fait l'an dernier. [Ils] ne sont pas des machines”, concédait Luis Enrique, fin février. Depuis le début de la saison, 28 blessures différentes ont frappé les joueurs du PSG. De la simple
contusion à l'indisponibilité de longue durée, les corps parisiens sont en souffrance.

Vitinha semble être le seul élément à passer entre les gouttes. Deuxième temps de jeu de l’effectif, derrière l’infatigable Warren Zaïre-Emery, le maestro portugais semble “se gérer” en Ligue 1, pour mieux briller en Europe. Sauf que la stratégie connaît un coup d’arrêt depuis sa dernière sortie européenne à Monaco, où il a été l’ombre de lui-même. Au club, on assure que le retour du “vrai” Vitinha, celui de l’année dernière, ne saurait tarder.

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Parmi les joueurs ayant disputé au moins une minute lors des deux dernières saisons, Pacho et Vitinha sont les plus sollicités. Warren Zaïre-Emery est l'élément le plus utilisé cette année. Ousmane Dembélé joue deux fois moins. Senny Mayulu, deux fois plus. Et même s’il est parfois balbutiant, Ibrahim Mbaye a quadruplé son temps de jeu depuis l’an passé.

Que le PSG soit prévenu : au XXIe siècle, d’autres premiers vainqueurs de Ligue des champions ont trébuché après leur sacre. En 2012, Chelsea abandonnait la défense de son titre dès la phase de poules (avant de rafler la Ligue Europa). Alors que City remportait la Premier League en 2024 avant de couler, physiquement et mentalement, l’année suivante.

Si Paris a eu la prudence — ou l’inconscience — de ne pas chambouler son effectif, les solutions de rechange se tarissent à mesure que les méformes
s’accumulent. En réponse, le PSG fait preuve de sursauts répétés, de résilience (une rengaine dans les moments qui comptent). La marque des grands, diront certains. Celle d’une équipe en méforme, selon d’autres. Face à Chelsea, son bourreau en finale de Coupe du monde des clubs, Paris sera-t-il en mesure de donner un nouveau souffle à sa saison ?

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