Servette progresse, mais le temps presse
Rejoint sur le fil par son rival sédunois samedi (3-3), Servette a raté une belle occasion de se rapprocher du top 6 de Super League. Les Grenat progressent, mais ils n'ont plus beaucoup de temps pour rattraper le retard concédé en début de saison.
L'égalisation tardive de Winsley Boteli au Stade de Genève coûtera-t-elle à Servette une place dans le "Championship Group" ? L'attaquant formé au bout du Léman a joué un bien mauvais tour à son ancien club, en allant chercher un point finalement mérité pour le FC Sion au terme de ce derby du Rhône complètement fou.
Les Grenat peuvent en tout cas regretter d'avoir cédé au bout du temps additionnel. Le 3-2 d'Ablie Jallow à la 85e aurait pu leur permettre de revenir à 5 points de la 6e place, occupée par Young Boys. Ils sont finalement toujours 8es, à 7 points du top 6, alors que les deux premiers tours du championnat viennent de s'achever.
Onze matches, un contre chaque équipe de Super League, c'est ce qui reste à Jocelyn Gourvennec et à ses joueurs pour sauver une saison jusqu'à présent décevante. Mais les motifs d'espoir semblent avoir enfin pris le pas sur l'exaspération dans les travées du Stade de Genève.
L'entraîneur breton du SFC en a pointé quelques-uns lors de sa conférence d'après-match samedi soir. "Ce que je retiens, c'est qu'on arrive régulièrement à proposer du spectacle. Il y a des imperfections, il y a plein de choses qu'on doit améliorer, mais je trouve l'équipe très vivante", a-t-il apprécié.
Jocelyn Gourvennec semblait moins abattu que certains de ses joueurs par cette issue un brin cruel pour les Grenat. "Il y a des années comme ça, où on n'est jamais vraiment récompensé de ce qu'on produit sur le terrain", pestait de son côté Timothé Cognat, de passage en zone mixte.
Le milieu servettien a surtout mis en exergue le manque d'expérience de cette équipe passablement remaniée depuis l'arrivée de Gourvennec sur le banc. "Quand on marque à la 85e, on se doit d'être un peu plus intelligent, un peu plus vicieux pour gagner du temps en fin de match", a-t-il estimé.
Une analyse partagée par son compatriote et entraîneur. "On a manqué de métier, d'un peu de maturité pour mieux gérer cet avantage final", a appuyé Gourvennec, qui préférait toutefois voir le verre à moitié plein: "On a fait une très très grosse première mi-temps, certainement la meilleure qu'on a jouée à domicile".
L'ancien technicien de Ligue 1, passé par Guingamp, Bordeaux, Lille et Nantes, veut croire que le travail réalisé ces derniers mois porte ses fruits. "On subit beaucoup moins de choses que sur la première partie de saison, c'est une évidence", a-t-il affirmé. Pourtant, les ouvertures du score précoces encaissées tant contre Saint-Gall le week-end précédent que contre Sion montrent bien que certains maux persistent.
Oui, son équipe manque de constance, le mentor grenat le concède volontiers. "On est à la recherche de cette régularité. Ce n'est pas encore ça, mais c'est mieux", a-t-il conclu, résolument optimiste.
Avec trois matches consécutifs sans défaite, Servette continue en effet d'engranger des points chaque semaine. Une maigre lueur d'espoir qu'il s'agira de nourrir un peu plus dimanche lors de la réception de Thoune, le surprenant mais incontestable leader de Super League.