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Analyse Football

Tom Bischof, le jeu devant lui

Lortho

Passer, à 20 ans à peine, du TSG Hoffenheim au FC Bayern, comme l'a fait l'été dernier Tom Bischof, ressemble à un pas de géant. Avec quelques mois de recul, et malgré un temps de jeu intermittent, l'expérience bavaroise du milieu de terrain international espoir s'avère pourtant un succès. Pour lui comme pour son équipe.

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Tom Bischof a disputé 21 matches en Bundesliga cette saison. © IMAGO / DeFodi Images

Quand, il y a un an, un certain FC Bayern s'est immiscé dans la course à la timbale pour recruter Tom Bischof, formé à Hoffenheim et en fin de contrat dans le Kraichgau, les autres écuries allemandes n'avaient plus guère de chances de s'attacher ses services. Adolescent, le jeune homme alignait à la maison les maillots de Bastian Schweinsteiger, Arjen Robben ou Manuel Neuer et dormait, selon l'expression consacrée, dans des draps siglés Bayern. Mais être enrôlé par le Rekordmeister est une chose, s'y imposer en est une autre. L'ancien joueur du TSV Amorbach, ville où il est né au sud-est de Darmstadt, a réussi les deux, empoignant sa chance à pleines mains dès son arrivée.

À 16 ans, déjà, Bischof avait eu vent de l'intérêt du club bavarois mais ce dernier n'avait pas donné suite. Lorsque, au printemps dernier, le Bayern a frappé de nouveau à la porte, l'intéressé, un brin suspicieux, a donc légitimement demandé quel rôle il était susceptible de jouer une fois recruté. Car, entretemps, le jeune homme s'était affirmé comme un brillant élément titulaire au TSG, où il avait débuté avant même ses 17 ans en Bundesliga et où son envergure au milieu de terrain, tantôt comme défensif axial, tantôt comme relayeur, ne cessait d'impressionner. Abandonner ce statut pour cirer le banc, aussi prestigieux qu'il soit, en Bavière, n'aurait pas forcément été un plan de carrière très pertinent.

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Contre l'Atalanta (6-1), le 10 mars à Bergame.

L'impact du Mondial des clubs

Comme souvent, le contexte fut déterminant. Tom Bischof était bien libre au 30 juin 2025 mais le Bayern, alors gourmand en ressources humaines et soucieux de l'aligner au Mondial des clubs, vu en interne comme un moyen de lancer la saison 2025-2026, a sorti le portefeuille pour s'attacher ses services quelques semaines plus tôt. 300 000 € de dédommagement sont tombés dans l'escarcelle du TSG et le nouveau venu a été précipité dès juin dans le chaudron bouillant de Charlotte, sous un cagnard inavouable, pour y affronter le Benfica avec sa nouvelle équipe... comme meneur de jeu. Peu à son aise, le bonhomme allait sortir à la mi-temps et le Bayern concéder une courte défaite (0-1) sans conséquence.

C'est la première et la dernière fois que Bischof a été aligné en n°10 mais pas, et il s'en faut de beaucoup, sa dernière chance chez les Bavarois. « Il a toujours fini par s'imposer », avait remarqué Max Eberl, le directeur sportif du Bayern cité par le kicker, avant même de le faire venir dans le sud de l'Allemagne. « Ça, ça nous a impressionné. Selon nous, avec son potentiel et sa confiance en soi, il a totalement la carrure d'un joueur du Bayern. » Et notamment par sa capacité à s'adapter. Comme Konrad Laimer, milieu de terrain axial comme lui, Bischof a été sollicité de nombreuses fois, cette saison, comme arrière latéral. L'hécatombe à ce poste en Bavière – Alphonso Davies, Hiroki Ito, Josip Stanisic et Sacha Boey ont été blessés à tour de rôle – a précipité le bricolage, plutôt pertinent in fine, de l'entraîneur Vincent Kompany dans ce secteur, à gauche comme à droite. Le Belge, fondamentalement, voit pourtant plutôt Bischof au milieu. Mais nécessité fit loi.

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Devant la presse, ce mardi, à Munich.

Latéral d'abord

Dotée d'un brillant pied gauche, la jeune recrue estivale joue davantage sur son intelligence de jeu et sa qualité technique dans la passe que sur sa vitesse ou une quelconque aptitude au un contre un. Comme la concurrence au milieu de terrain, cette saison, est intouchable – Kimmich, Pavlovic et Goretzka sont solidement installés dans le secteur –, l'ancien joueur du TSG doit accepter, pour l'heure, ce rôle défensif. Qui lui permet d'accumuler du temps de jeu et qu'il interprète à sa façon, comme sur cette passe décisive en un éclair pour Serge Gnabry au départ d'une démonstration contre le Bayer, à l'automne (3-0). Non sans s'immiscer, dès que cela se présente, un cran plus haut, de manière encore parcimonieuse cependant.

La comparaison avec Laimer éclaire singulièrement la réussite de Bischof. Comme l'international autrichien, ce dernier partait clairement comme un outsider au sein de l'effectif et comme son aîné, il s'y est fait sa place, apportant une contribution remarquée à la ribambelle de succès bavaroise depuis l'été. « Latéral, c'est un peu comme n°8, et j'y ai trouvé beaucoup de plaisir », formule le jeune homme. Peut-être la partition jouée par Bischof n'est-elle pas encore aussi éclatante que celle de Laimer, dont le potentiel insoupçonné comme latéral a éclaté cette saison aux yeux de toute l'Europe, mais le style hyper flexible prôné par Kompany, d'une part, et le temps, d'autre part, jouent pour lui, notamment en raison du départ de Goretzka sous d'autres cieux l'été prochain. « Il va devenir meilleur encore, et je m'en réjouis », promet l'entraîneur belge. Qu'on aurait plutôt tendance à écouter.

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