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Analyse Football

Vincent Kompany, coach en vogue

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Si le Bayern, qui a pulvérisé l'Atalanta à l'aller en Italie (6-1), est l'équipe qui impressionne le plus en Europe actuellement, il le doit au style, fluide et offensif, imprimé par son entraîneur belge.

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Le 14 mars, à Leverkusen. © IMAGO / Revierfoto

Il faut une sacrée dose de victoires et de spectacle pour faire l'unanimité au Bayern. Respect de ses joueurs et de ses dirigeants et admiration des suiveurs du football : Vincent Kompany, à force de records et de succès fracassants, a mis tout le monde d'accord en Bavière. Laissant parler le terrain, le Belge dégage une impressionnante force tranquille, qui reflète certes sa personnalité et sa riche expérience de joueur au plus haut niveau mais qui est d'autant plus surprenante qu'à l'origine, à l'été 2024, il n'a pu débarquer en Bavière que parce que personne, parmi les techniciens ciblés par le club après le départ de Thomas Tuchel, n'avait accepté la mission avant lui. Cette genèse, l'ancien capitaine de Manchester City n'en a cure : il assure ne pas s'appesantir sur le passé et marche effectivement, semaine après semaine, droit devant, vers les objectifs les plus ambitieux, armé d'une exigence dans le jeu qui l'est tout autant.

Le Bayern de Kompany s'avance, à la sortie de l'hiver, comme l'équipe proposant le meilleur football offensif d'Europe. Avec 93 buts inscrits en 26 matches de championnat, il s'apprête à effacer bien avant le terme de la saison le mythique record de 101 buts, sur les 34 journées que compte l'exercice, établi en 1972 par Gerd Müller, Franz Beckenbauer et Uli Hoeness. Kompany n'entend gagner que par la voie d'un concert offensif particulièrement spectaculaire – sans doute son ancien entraîneur à City, un certain Josep Guardiola, y est-il pour quelque chose – où, telle une formation de jazz, chacun prend sa part d'improvisation dans un collectif harmonieux. Face au Bayer, samedi dernier (1-1), Harry Kane s'est retrouvé arrière central et Josip Stanisic attaquant sans que personne n'y trouve à redire. Liquide à l'extrême, le Bayern ne coagule pas et le casse-tête n'en est que plus effarant pour ses adversaires.

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En conférence presse d'avant-match, mardi 17 mars.

« Chaque match est une finale de Ligue des champions ! »

Le 24 juillet 2024, alors qu'il dirige ses premiers entraînements et que le scepticisme des joueurs bavarois plane encore vis-à-vis de ce jeune coach qui vient d'arriver, Kompany délivre à sa troupe, dans le vestiaire de Rottach-Egern, au moment d'affronter en amical de pré-saison la modeste équipe locale, le message suivant : « Chaque match est une finale de Ligue des champions ! » Incongrue à ce moment-là aux yeux de certains, la formule ne demandait qu'à infuser. Vainqueur 14-1, le Bayern fut bien loin, ce jour-là, de sa performance de l'année précédente au même endroit (27-0), mais le virus de la gagne et du spectacle était inoculé. Et personne, lorsque le Belge a prolongé fin octobre dernier son contrat jusqu'en 2029, ne s'est souvenu du but encaissé au bord de l'idyllique Tegernsee un an et demi avant.

Sous les ordres de l'ancien joueur du HSV, cette saison, le Bayern déploie un tel volume de jeu que les échecs sont rares. Une défaite contre Arsenal à Londres (1-3), qui a coûté la première place de la phase de ligue de la C1 au bénéfice des Gunners, un unique revers face au voisin d'Augsbourg en championnat (1-2), quelques nuls par-ci, par-là, le bilan, au sortir de l'hiver, est au-delà des attentes. Mais remettre en permanence l'ouvrage sur le métier, l'une des lignes directrices du Bayern, n'en reste pas moins une exigence naturelle chez Kompany, qui de ce point de vue colle parfaitement à la mentalité de l'institution.

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L'ancien capitaine de Manchester City maîtrise aussi le jeu médiatique.

Aucune critique en public

Le Belge ne déroge jamais non plus à cette autre règle d'or : ne pas critiquer l'une de ses ouailles en public, ni même devant le groupe. Le coach prend un joueur à part s'il entend lui faire passer un message individualisé. Lorsque sa troupe est rassemblée, il fait passer ses messages en montrant, séquence vidéo à l'appui, comment s'y prendre sur telle ou telle phase de jeu. En bon manager, Kompany s'appuie sur la mentalité très professionnelle de ses cadres les plus éminents – Neuer, Kane ou Kimmich, les trois joueurs les plus influents au Bayern – pour propager à tous son exigence de constance. Contrairement à certains de ses prédécesseurs, à qui cela avait coûté leur place – Thomas Tuchel et Niko Kovac, en particulier –, l'actuel coach bavarois ne cible jamais ses joueurs. Ne se retranche pas derrière une quelconque excuse non plus, quelles que soient les circonstances.

Avec Kompany, l'exigence n'est pas seulement managériale. Chaque situation de jeu est travaillée avec précision, et sa gestion répond à des règles. Qui dépassent le cadre du terrain. Au Bayern, on assume discipline, ponctualité et altruisme, qui deviennent culturellement source de plaisir : le zèle avec lequel un Harry Kane se plie aux tâches défensives et s'engage dans les duels, comme ce week-end à 9 contre 11 à Leverkusen, en est l'illustration la plus ostensible. Un joueur parmi les plus expérimentés et les plus cotés qui s'arrache pour ses partenaires, même à la dernière minute alors que son équipe mène 9-2 contre le Dinamo Zagreb, la saison passée ? Tout bénéf' pour donner l'exemple aux jeunes talents qui pointent leur nez dans le groupe mais aussi pour entretenir le “flow” parmi les stars. Laimer, Upamecano, Kane ou autre Gnabry sont, sous Kompany, meilleurs qu'ils n'ont jamais été. Et, avec un effectif resserré, chacun se sent concerné. Un sensationnel triplé en ligne de mire.

 

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