Les zurichois tirent la Suisse vers le haut
La Suisse et la Finlande dominent largement leur groupe au Mondial à Zurich. Et côté suisse, Jan Cadieux peut compter sur sa "Zürcher linie" pour débloquer certaines situations.
Comme à chaque Championnat du monde, les spécialistes mettent l'emphase sur la présence de joueurs de NHL dans le contingent suisse pour placer cette équipe dans les favoris. Et il est vrai que Roman Josi, Nico Hischier, Timo Meier, Nino Niederreiter et Janis Moser rendent cette équipe meilleure.
Mais la force de cette sélection, c'est surtout d'avoir d'autres armes en réserve. Et notamment une ligne 100% zurichoise composée de Pius Suter, lui aussi joueur de NHL (St-Louis) mais formé à Zurich, Denis Malgin et Sven Andrighetto. Et si la présence des deux premiers ne faisaient aucun doute, celle de "Ghetto" fut longtemps en suspens à la suite d'une commotion subie en play-off après une collision avec son coéquipier Rudolfs Balcers. Sélectionné mais ménagé, Andrighetto a dû prier pour que son corps se répare assez vite afin de disputer ce Mondial à domicile.
A 33 ans, l'ailier est actuellement le meilleur compteur du tournoi avec 5 points en 3 matches (3 buts). Et son entente avec ses deux compères de ligne crève les yeux. Une ligne de "petits" (175, 177 et 180 cm) capable de grandes choses. D'ailleurs, Nino Niederreiter n'a pas hésité à louer les qualités de son coéquipier après le match contre les Allemands où Andrighetto a inscrit deux buts et allumé le poteau: "Je pense que c’est un fantastique joueur de hockey. Il est sous-estimé et il a selon moi toujours le niveau pour jouer en NHL. S'il avait eu un peu plus de chance avec certaines organisations, je pense qu’il y serait encore."
On l'écrit souvent en National League, mais Andrighetto et Malgin valent deux joueurs étrangers. Pas étonnant qu'ils soient au rendez-vous sur la scène internationale. Concernant son compère du "Z", c'est Timo Meier qui s'est chargé des éloges au terme de la belle victoire sur les Allemands: "Il (réd: Malgin) volait sur la glace, il a créé des jeux et a été solide avec le puck. C'est un joueur qui fait la différence, non seulement par sa façon de jouer avec le puck, mais aussi par son repli défensif."
Auteur d'un quadruplé l'an dernier au Danemark face aux Allemands, Sven Andrighetto s'est cette fois-ci "contenté" d'un doublé. Et sans un morceau de métal, il aurait signé un hat-trick. Alors à la question de savoir si à 6-0, il se sentait un peu mal pour les Allemands, Ghetto n'a pas mis de filtre: "Non, pas du tout. Surtout que c'est l'Allemagne, on ne va jamais les plaindre."
La devise de ce Mondial est "Time to shine" que l'on peut traduire par "L'heure de briller". Devant leurs proches, les joueurs zurichois suivent ce précepte avec assiduité. Les trois prochaines parties face à l'Autriche, la Grande-Bretagne et la Hongrie devraient être autant d'occasions de monter encore en puissance, même si pour la Suisse la prochaine échéance d'importance se tiendra dans une semaine avec la rencontre face aux Finlandais à l'occasion du dernier match de poule.
Meilleur compteur de la Suisse au Mondial en 2022 et 2023, Malgin avait laissé Tyler Moy avoir cet honneur l'an dernier pour un point. Possible qu'il retrouve sa couronne cette année. Avec Andrighetto en dauphin?