"Hey Jude", et résonne encore le tube de l'été des Anglais
Engagés dans un sprint, derrière Lionel Messi et Kylian Mbappé, pour le titre de meilleur buteur du Mondial 2026, Harry Kane et Erling Haaland ont été éclipsés par Jude Bellingham. Le doublé de l'attaquant du Real a envoyé l'Angleterre en demi-finale en battant la Norvège (2-1 ap).
Depuis le début du tournoi, la grosse colonie de supporters anglais se montre toujours prompte à fêter les victoires de son équipe en chantant en choeur les hits incontournables "Wonderwall" d'Oasis, "Sweet Caroline" de Neil Diamonds et, forcément, le "Hey Jude" des Beatles en hommage au milieu de terrain à tout faire de l'équipe.
Et pour cause, écrites par Paul McCartney pour soutenir Julian Lennon, le fils de John, confronté au divorce de ses parents, les paroles prennent un autre sens qui illustre l'excellence de Bellingham durant cette Coupe du monde.
Car lorsque les fans hurlent "Hey Jude, don't make it bad (...) Jude don't be afraid (...) Hey Jude, don't let me down (...)", en réponse sur la pelouse, Jude rend les choses meilleures, Jude n'a pas peur, Jude ne laisse pas tomber la patrie.
Nouvelle illustration face aux Norvégiens: juste avant la pause, et juste après que les "Vikings" ont gâché une énorme occasion de doubler le score lorsque Alexander Sorloth a inexplicablement oublié de servir Erling Haaland esseulé, Bellingham a puni cet acte manqué en égalisant (45+2).
Trouvé par Anthony Gordon dans la surface, le milieu à tout faire du Real Madrid a réussi à contourner deux défenseurs adverses, avant de tromper Orjan Nyland d'un tir croisé du gauche. Une action conclue avec une grande maîtrise technique, qui a eu un drôle de coup de pouce en son départ, lorsque le ballon dégagé par le gardien norvégien a heurté la caméra fixée en hauteur sur un câble pour retomber dans les pieds de Nico O'Reilly, initiateur du contre.
Et si, 40 ans après Diego Maradona, l'Angleterre venait de bénéficier à son tour d'une main de Dieu ? Les supporters les plus mystiques le croiront volontiers, d'autant le sauveur habituel Harry Kane n'a pas été verni dans ce match.
Il s'en est fallu pourtant d'un hors-jeu de quelques centimètres, deux minutes plus tard, pour que le meilleur buteur de l'histoire des Three Lions, judicieusement alerté par Jude, ne mette les siens devant au score, d'un délicieux piqué.
En seconde période, alors que Haaland, coupable d'une poussette sur Elliot Anderson, provoquait l'annulation du deuxième but de son équipe de Torbjörn Heggem (55e), Kane peinait à se montrer dangereux. Sinon au début de la prolongation, avec une tête détournée par Nyland, qui a manqué de peu de punir le manque de réalisme de Norvégiens dominateurs.
C'est finalement Bellingham, qui s'en est chargé, guidé par le même instinct de buteur que possède son capitaine, en reprenant du pied droit le ballon mal repoussé par le gardien norvégien, après une frappe de Morgan Rogers.
Et voilà comment l'Angleterre, longtemps malmenée, pas loin de rompre, assez chanceuse aussi - la transversale avait repoussé un tir de Fredrik Aursnes à un quart d'heure du terme - a renversé une situation compromise. En jouant comme des guerriers, à défaut d'être de grands stratèges ou de beaux artistes, et en sachant compter sur ses héros.
Pour la sixième fois dans cette Coupe du monde, cela a été Bellingham, buteur désormais aussi prolifique que Harry Kane, à une unité de Haaland (7) qui a lui péniblement traîné sa carcasse, visiblement en souffrance dans la moiteur de Miami, et à deux de Messi et Mbappé.
Et pour ne rien gâcher, à 23 ans et 12 jours, Jude Bellingham est devenu le deuxième plus jeune joueur à avoir marqué au moins deux buts lors de deux matchs consécutifs à élimination directe en Coupe du monde, derrière Pelé en 1958 (17 ans et 249 jours).
"Na-na-na-na-na-na-na, na-na-na-na, hey, Jude ! Na-na-na-na-na-na-na, na-na-na-na, hey, Jude !", le refrain de l'été on vous dit.