Le Brésil avance, à la poursuite de sa meilleure version
Emprunté et sans idée en première période, dangereux et même emballant au retour des vestiaires: c'est un Brésil aux deux visages qui a rallié les huitièmes de finale du Mondial 2026 aux dépens du Japon (2-1) lundi. Une inconstance à gommer pour prétendre à une sixième étoile.
Acculant le Japon dans ses 30 derniers mètres, la Seleçao aurait pu tuer le match bien plus tôt sans les parades de Zion Suzuki, à l'image de la frappe de Vinicius repoussée sur le poteau après une percée folle de l'ailier du Real Madrid.
"À la mi-temps, je leur ai dit de ne pas perdre patience, parce qu'on allait marquer. Tôt ou tard, on allait marquer, c'était sûr", a assuré après-coup le sélectionneur Carlo Ancelotti.
Mais à la pause, Vinicius n'avait encore rien montré de son talent, le Brésil était mené 1-0 et semblait bien loin du compte.
Comme face au Maroc lors de leur premier match dans ce Mondial (1-1), les Brésiliens ont d'abord été en manque d'inspiration avec le ballon et trop laxistes défensivement, laissant Kaishu Sano traverser librement leur moitié de terrain pour aller tromper Alisson de l'entrée de la surface.
Mais "l'équipe n'était pas perdue comme l'avait été celle de la première période contre le Maroc", a défendu Ancelotti qui a vu à Houston lundi "le match le plus complet" de ses joueurs depuis le début de la compétition.
"Le plan de la première période, qui était de trouver plus d'espaces dans l'axe, n'a pas bien fonctionné à cause de la qualité défensive de l'équipe japonaise. Après, on a changé pour essayer de mettre plus de danger dans la surface, avec plus de centres", a analysé le technicien italien.
Un choix payant qui a conduit à l'égalisation de Casemiro, trouvé dans la surface sur un centre du défenseur central Gabriel, signe d'un Brésil résolument plus offensif, dos au mur, et enfin joueur après la pause et l'entrée d'Endrick à la place de Paqueta.
Face à des Japonais résilients mais encore loin des grands de ce Mondial, la première période ratée de la Seleçao aurait pu la pousser en prolongation.
Aussi, 45 premières minutes d'une telle facture pourraient se payer plus cher dès le prochain tour dimanche, face à la Norvège ou à la Côte d'Ivoire, deux sélections qui ont démontré leur force de frappe offensive lors du premier tour.
Lourdement battue par la France, mais avec une équipe largement remaniée (4-1), la Norvège avait avant cela inscrit sept buts en deux matches, portée par un Erling Haaland déjà bouillant (4 buts en deux sorties). La Côte d'Ivoire a elle été l'une des équipes les plus séduisantes de ce premier tour, proche de faire chavirer l'Allemagne et emmenée par un Yan Diomandé en feu.
Peu importe l'adversaire, Ancelotti va peut-être devoir remodeler son milieu de terrain qui a perdu sur blessure deux de ses titulaires face au Japon: Lucas Paqueta, touché à la cuisse droite dès la première minute et sorti à la pause, et Casemiro, touché en fin de rencontre.
Auteur du but égalisateur d'une tête rageuse au retour des vestiaires, après avoir été déposé par Kaishu Sano sur le but japonais en première période, le milieu de terrain de Manchester United aura résumé à lui tout seul le mal qui guette la Seleçao.
Au football, "il faut passer par de la souffrance, cela fait partie du jeu", a estimé Carlo Ancelotti. Gare à ne pas trop jouer avec le feu.