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Le pari raté de Yakin n'a pas porté préjudice à la Suisse

Keystonr

Après trois succès, Murat Yakin a tenté de remanier son équipe face à la Macédoine du Nord mardi en Ligue des nations. Si la Suisse l'a emporté 3-0, la performance collective de la première période a donné tort au sélectionneur, qui a tout de même tiré un bilan positif au terme de ce rassemblement.

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Murat Yakin tout sourire après une trêve internationale totalement maîtrisée © Keystone

Face à l'adversaire le plus faible de ce groupe, qui abordait cette rencontre sans succès ni but marqué en 2026, Yakin et son staff avaient pris le parti de remanier leur effectif au coup d'envoi. Titulaires lors des trois premiers matches, Johan Manzambi a ainsi débuté sur le banc, tout comme Zachary Athekame et Ardon Jashari.

Avec l'arrivée de quatre nouveaux joueurs de champ par rapport à la rencontre en Slovénie, la Suisse a semblé désorganisée pendant de longues minutes. Un pari manqué, comme l'a admis Yakin en conférence d'après-match. "J'ai voulu apporter du sang neuf, mais sur le plan de la structure, ça n'a pas du tout fonctionné. Je ne vais pas embellir les choses, la première mi-temps était totalement ratée", a-t-il reconnu sans détour, avant d'énumérer les lacunes qu'il a observées: "Aucun pressing sur le ballon, trop de fautes de passe, d'erreurs techniques... Dans ces conditions, notre système de jeu ne peut pas marcher."

Seule la réussite un brin chanceuse de Fabian Rieder à la 43e trouve grâce à ses yeux. "Ce but est un cadeau contre le cours du jeu que nous acceptons très volontiers", a mentionné Yakin à propos du geste de son protégé, qui s'est interposé dans le dos de la défense pour marquer son premier but en match officiel avec la Suisse.

En deuxième période, les entrées de Manzambi et Jashari à la place de Vincent Sierro et de Djibril Sow ont amené de nouvelles impulsions offensives. "Malgré une structure toujours imparfaite, ils ont apporté de la stabilité et cette étincelle qui nous manquait, s'est félicité le technicien. C'était important d'envoyer un signal dès la mi-temps."

Le Genevois d'Aston Villa a une nouvelle fois offert une prestation aboutie, marquant son premier but depuis la Coupe du monde, avant que Dan Ndoye ne scelle le score à neuf minutes du terme, pour le plus grand bonheur des 15'730 spectateurs présents. "Manzambi a encore apporté de l'élan en seconde mi-temps, a souligné le technicien. Il s'est imposé avec sa dynamique, son plaisir de jouer, son attrait pour le but."

Titularisé pour la première fois sur le côté droit, le défenseur Sascha Britschgi a également trouvé grâce aux yeux de son sélectionneur: "Sascha avait déjà remplacé Ricardo Rodriguez à trois reprises. Il a répondu aux attentes, y compris sur le côté gauche."

Véritable fil rouge des interventions de Yakin tout au long de ce rassemblement, la question du retour du capitaine Granit Xhaka ne fait pas de doute aux yeux du sélectionneur malgré l'aveu de ce dernier concernant une fraude au certificat Covid. "Granit reste notre capitaine, a-t-il martelé. Nous voulons les meilleurs joueurs dans notre équipe, et la porte reste donc ouverte."

Avec onze buts marqués pour un seul encaissé alors que des cadres comme Xhaka, Breel Embolo, Denis Zakaria ou Ruben Vargas manquaient à l'appel, la Suisse sort de cette première phase de Ligue des nations sûre de sa force. Le sélectionneur a partagé sa satisfaction à propos de l'ambiance et du travail effectué lors du rassemblement, y compris lors de la semaine de préparation à Belek. "Les deux premiers matches ont été excellents, avec un pressing haut qui n'a rien concédé à l'adversaire. Nous avons également marqué sur coup de pied arrêté, ce qui est très positif", s'est-il réjoui.

Après deux matches complètement maîtrisés à l'extérieur, la Suisse a paru moins dominatrice durant ses deux rencontres à Lucerne. "Nous avons vu que les adversaires s'étaient bien adaptés à notre pressing haut, et nous avons pris plus de risques dans les duels, a confirmé le Bâlois. Mais Manuel Akanji et Nico Elvedi ont montré leur qualité dans cet exercice."

Même si les Suisses n'ont affronté "que" des formations classées au-delà du top 40 mondial, ils ont prouvé détenir les ressources nécessaires pour enchaîner quatre succès en dix jours. "Avec autant de rotations et de matches accumulés, cela aurait pu mal tourner, a reconnu Yakin. Mais ça a fonctionné, l'équipe s'est battue avec courage."

En revanche, les jeunes espoirs romands n'ont eu qu'un temps de jeu limité durant cette campagne. Le Lausannois Alvyn Sanches et le Genevois Winsley Boteli ont dû se contenter de respectivement 23 et 37 minutes en trois matches.

Invité à réagir sur ce point, l'entraîneur n'a pas caché son agacement. "Nous jouons pour gagner, pas pour regarder le nombre de minutes jouées par chacun, s'est-il exclamé. Ils découvrent la sélection et doivent d'abord en comprendre le fonctionnement, et il faut respecter la hiérarchie et les automatismes en place."

En tête de son groupe avec 12 points, l'équipe nationale a rempli sa mission dans un groupe où elle fait office de favorite en vue d'une promotion en Ligue A. Celle qui figure désormais au 12e rang du classement FIFA compte cinq points d'avance sur la Slovénie, deuxième avec sept points, et pourrait s'assurer de remporter ce groupe dès l'avant-dernier match prévu à Ljubljana le 16 novembre prochain.

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