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Pépite du 800 m, Audrey Werro n'a peur de rien

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La pression est un privilège, avait affirmé la légende du tennis Billie Jean King. Audrey Werro a fait sien cet adage et n'a pas peur d'afficher ses ambitions sur le 800 m.

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Audrey Werro a de grosses ambitions pour cette saison 2026. © KEYSTONE/KEYSTONE/PETER SCHNEIDER

Timide, la Fribourgeoise l'est toujours quelque peu. Mais, à désormais 22 ans, elle n'a plus la moindre appréhension, que ce soit à l'heure de se présenter face aux représentants des médias ou au moment de défier les cadors du double tour de piste.

"Cette médaille fut un soulagement", réaffirme la récente vice-championne du monde en salle du 800 m, qui s'est confiée à la presse mercredi dernier à Berne à l'occasion du "media day" de Swiss Athletics. "Cela m'a donné encore plus de motivation de voir que je pouvais m'imposer face aux meilleures", poursuit-elle.

La vice-championne du monde M20 (en 2022) et championne d'Europe M23 (en 2025) écarte l'idée que cette performance de choix puisse l'empêcher de poursuivre sa progression sans stress supplémentaire. "Tout ce que j'ai pu réussir jusqu'ici constitue déjà un honneur. Cela ne m'amène pas plus de pression", assure-t-elle.

Audrey Werro, qui a décroché le 22 mars à Torun son premier podium dans un grand championnat élite, n'a pas eu peur de se frotter à la star de la discipline Kelly Hodgkinson en finale. Elle a certes dû s'incliner devant l'Anglaise, victorieuse en 1'55''30, mais a maîtrisé son sujet dans les derniers mètres pour se parer d'argent.

La grande Fribourgeoise a alors amélioré pour la troisième fois de la saison son record de Suisse indoor pour le porter à 1'56''64. Soit plus de trois secondes de mieux que la marque qu'elle avait établie un an plus tôt aux Mondiaux de Nankin, où elle avait terminé à une cruelle 4e place à 0''01 du bronze.

Sa progression se poursuit donc. L'été dernier, elle avait également battu trois fois son record national en plein air: 1'57''25 à la fin mai, 1'56''29 lors des championnats de Suisse à Frauenfeld le 24 août puis 1'55''91 quatre jours plus tard à Zurich où elle avait triomphé pour la première fois sur le front de la Ligue de diamant.

S'il n'y a jamais eu le moindre doute quant à sa capacité à courir très vite, Audrey Werro a dû se faire violence pour apprendre à jouer des coudes. Jusqu'à l'année dernière, elle flanchait (presque) toujours lorsqu'il s'agissait de se frotter au reste du peloton, comme en finale à Nankin 2025.

Mais "j'arrive à me montrer méchante en course maintenant", se félicite-t-elle. "En compétition, je ne suis pas la même personne que dans la vie de tous les jours. Je n'ai pas besoin de me forcer, cela vient tout naturellement", affirme encore celle qui est désormais no 3 dans sa discipline selon le classement de World Athletics.

"En 2022-2023, c'était beaucoup plus dur de me faire ma place. Maintenant cela vient tout seul", répète Audrey Werro qui, si elle est désormais à l'aise au sein du peloton, ne va pas pour autant changer sa philosophie: "J'aime toujours autant courir à l'avant", rappelle-t-elle.

"Ca reste la tactique que j'apprécie le plus. Mais j'ai prouvé durant la dernière saison indoor que je suis maintenant capable de bien courir dans toutes les situations", assure encore la 6e des Mondiaux 2025 en plein air, qui se réjouit d'en découdre au plus haut niveau ce printemps.

Son nouveau statut lui permettra de s'aligner régulièrement en Ligue de diamant, où elle sera en lice une première fois le 31 mai à Rabat. "Seules ces courses de très haut niveau permettent d'acquérir l'expérience nécessaire dans les grands championnats", là où elle espère bien continuer de s'illustrer.

L'énorme densité du 800 m ne lui laisse d'ailleurs pas le choix. "C'est un défi supplémentaire. Mais cela ne me dérange pas. Cela change la dynamique, et cela donne plus de visibilité à cette épreuve", poursuit l'athlète du CA Belfaux, qui n'a décidément pas froid aux yeux.

L'arrivée de la Néerlandaise Femke Bol, qui passe au double tour de piste après avoir brillé sur 400 m haies (et 400 m plat), va encore compliquer sa tâche. Mais elle n'a pas peur d'en découdre avec une adversaire supplémentaire de premier plan. "Femke sera prête. Mais un 800 m est très différent d'un 400", glisse Audrey Werro.

La Fribourgeoise est passée dans une autre dimension. Et ce n'est pas un hasard: depuis qu'elle a terminé sa maturité gymnasiale, elle a tout loisir de se consacrer pleinement à l'athlétisme. "Je suis pro depuis 8-9 mois. J'ai beaucoup plus de temps pour récupérer, pour participer à des camps d'entraînement", apprécie-t-elle.

La protégée de la coach Christiane Nuoffer-Berset ne veut néanmoins pas brûler les étapes. "Je ne connais pas mes limites, j'espère juste en être encore loin", sourit celle qui n'a pas d'objectif chronométrique précis: "Je ne veux pas m'avancer. Je veux juste continuer à m'améliorer, même si c'est pour quelques centièmes."

Audrey Werro est en revanche claire lorsqu'on lui demande son objectif pour les prochains championnats d'Europe en plein air de Birmingham (10-16 août). "Je viserai une médaille", lâche-t-elle, bien consciente néanmoins que tout est encore loin d'être parfait dans son approche tactique.

"J'ai déjà fait de gros progrès tactiquement. Maintenant, je dois être capable de prendre plus rapidement des décisions en course, et de m'y tenir", concède la Fribourgeoise, pour qui la championne olympique 2024 Kelly Hodgkinson (PB 1'54''61) est bien la référence absolue sur 800 m.

"Je pense que Kelly Hodgkinson est capable de battre le record du monde", détenu depuis 1983 par la Tchèque Jarmila Kratochvilova (1'53''28), affirme-t-elle d'ailleurs. Mais "je pense aussi que je peux battre Kelly Hodgkinson", enchaîne-t-elle. "Personne n'est imbattable."

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