Richard Chassot: "Il y aura une 80e édition"
Richard Chassot n'est pas inquiet quant à l'avenir du Tour de Romandie. Le directeur de la course a annoncé qu'il y aura une 80e édition en 2027.
Au terme d'une 3e étape disputée sous une météo estivale, Chassot n'a pas résisté à l'appel d'un petit moment de détente dans la zone VIP de l'arrivée vendredi à Orbe. Verre à la main, le prolixe Fribourgeois s'est déclaré pleinement satisfait de l'issue des premières étapes: "Dorian Godon et Tadej Pocagar sont les dominateurs de cette édition. Tadej est très fort, mais il n'y a pas que lui!", s'est réjoui Chassot, satisfait que le Slovène n'ait pas "massacré" la course à la première occasion.
A la tête du TdR depuis 20 ans, l'ex-coureur professionnel a revendiqué le parcours difficile proposé aux athlètes: "Les tracés sont bien dessinés et montent en puissance au fil des jours. Nous devons aussi parfois tenir compte d'enjeux sécuritaires, comme à Martigny mercredi: les rues ne se prêtent pas à un sprint massif, donc nous avons ajouté un détour par Ovronnaz pour réduire la taille du peloton."
Seules quinze équipes se sont présentées au départ de cette édition. Un chiffre relativement faible pour une compétition World Tour, qu'il explique par la proximité avec le Tour d'Italie: "C'est une année spéciale car le Giro part de Bulgarie, puis fait un transfert en Sicile avant de rejoindre le continent. C'est un casse-tête logistique pour les équipes."
Au-delà de cette 79e édition, le Tour de Romandie a surtout fait parler de lui en raison de ses difficultés financières. Le maillot jaune n'arbore aucun sponsor en 2026, une absence qui pèse lourd dans les comptes. "Il est possible que nous revoyions notre modèle de financement, à savoir une répartition plus équitable entre les sponsors de maillots distinctifs. Mais beaucoup de sociétés sont intéressées, tout comme les cantons", s'est exclamé celui qui a passé une partie de sa journée de vendredi avec Christelle Luisier, présidente du Conseil d'Etat vaudois.
Richard Chassot a tenu à évacuer toutes les craintes quant à la disparition du Tour de Romandie en 2027, année de la 80e édition. "Ne craignez pas pour la suite, a-t-il tranché. Nous sommes à peu près bon financièrement pour l'année prochaine."
"J'ai déclaré à plusieurs reprises que le Tour de Romandie ne peut pas continuer sans un sponsor principal, c'est clair. Mais dire qu'il n'y aura pas 2027 sans lui, ce n'est pas vrai", a renchéri l'expérimenté dirigeant, qui a pu annoncer l'arrivée d'une grande marque de distribution parmi les sponsors peu avant le départ du prologue.
L'incertitude des rentrées financières est le lot de toutes les courses cyclistes. "Lorsqu'un partenaire annonce son retrait après avoir pris une position dominante, c'est souvent assez abrupt et difficilement remplaçable", a-t-il expliqué, alors que l'ancien sponsor maillot jaune, une marque de fromage, est resté fidèle entre 2019 et 2025.
En 2022, le TdR et le Tour de Suisse annonçaient un partenariat, notamment pour trouver des sponsors communs. "Dans l'ensemble, ce sont des entraides qui ne se voient pas. Nous partageons les véhicules, les assurances et certaines infrastructures. Mais cela nous a par exemple permis de convaincre Lidl", a argumenté Chassot.
La présence d'un coureur comme Tadej Pogacar sur les routes du TdR ainsi que le public présent au bord des routes montrent que l'évènement jouit d'une belle popularité. "J'ai bon espoir pour la suite", a conclu le Fribourgeois, enjoué.