SL: Gourvennec et Elsner face à leurs lacunes offensives
La victoire de Servette 1-0 à Lausanne suite à un penalty transformé par Kingstone Mutandwa à la 52e a mis le doigt sur les difficultés offensives des deux équipes.
Les deux entraîneurs estiment progresser, mais le temps presse.
Malgré le succès, Jocelyn Gourvennec n'a pas fanfaronné lors de la conférence de presse d'après-match. L'entraîneur genevois s'est satisfait d'avoir obtenu l'essentiel, à savoir les trois points et le fait de quitter le statut peu enviable de lanterne rouge. "Il n'y a pas meilleur médicament que la victoire après une période difficile, a avancé le Breton. Nous avons montré que nous étions capables de gagner dans l'adversité, au prix d'une grosse débauche d'énergie collective."
Après trois matches sans victoire, le technicien avait fait le choix de passer à une défense à cinq. Un choix qui s'est révélé payant, mais qui accentue encore les manquements sur le plan offensif, avec un SFC qui reste la plus mauvaise attaque de Super League avec cinq buts inscrits.
"Nous avons beaucoup de blessés sur le plan offensif, s'est défendu Gourvennec, qui a dû pallier l'absence de Timothé Cognat, blessé. L'an dernier, nous marquions plus de buts, mais nous en prenions plus qu'actuellement. Désormais, nous avons un meilleur équilibre, mais il nous manque la finition."
Le technicien grenat a également temporisé, avançant que l'intégration des renforts offensifs arrivés cet été prenait du temps. "Nous venons de recruter trois excellents joueurs avec une super mentalité (réd: Jesper Karlsson, Datro Fofana et Kingstone Mutandwa). L'animation offensive, c'est toujours ce qui prend le plus de temps à mettre en place", a-t-il asséné, alors que Servette pointe désormais au 9e rang avec 7 unités.
Après 48 matches sur le banc genevois, Gourvennec devra rapidement démontrer sa capacité à enchaîner les résultats, lui qui tourne à une moyenne de 1,38 point par match. Soit moins que son prédécesseur Thomas Häberli, qui affichait une moyenne de 1,52 point avant de se faire débarquer après autant de rencontres.
A ses côtés en conférence de presse, son homologue Luka Elsner n'a lui pas caché son amertume. Alors que le Lausanne-Sport a montré de belles intentions devant les cages adverses, le match s'est joué sur une erreur d'Etienne Kinkoué, dernier arrivant à la Tuilière, qui a conduit au penalty décisif.
"Nous sommes encore en construction, et nous devons éliminer ces erreurs individuelles majeures, a admis le coach lausannois. Nous avions pourtant créé les conditions pour réaliser une bonne performance, et je nous ai trouvés assez complets."
A la tête d'une équipe qui a bouclé ses transferts tardivement, le Slovène s'est vu poussé à aligner des joueurs qui, de son propre aveu, "n'ont pas le niveau physique pour être dans le onze de départ". A l'image de Kinkoué, de Nicolas Cozza ou dans une certaine mesure Koba Koindredi, "certains joueurs sont arrivés au club sans avoir effectué de préparation estivale. Certes, ils se sont entraînés individuellement, mais il faut quatre à cinq semaines d'entraînements intensifs pour pouvoir tenir 90 minutes", a partagé Elsner.
Le fait que ces trois joueurs se soient retrouvés titulaires est une manière de répondre à l'urgence. "Nous avons plusieurs blessés importants à ces postes-là (réd: Nicky Beloko, Beyatt Lekoueiry), donc nous n'avons pas le choix. Les matches servent aussi à remettre tout le monde à niveau, ça devrait s'améliorer après la trêve", a indiqué le technicien du LS, confiant.
En attendant que tous les joueurs soient au niveau athlétique attendu, Lausanne doit aussi trouver des solutions pour se procurer plus d'occasions de but pour quitter au plus vite la dernière place au classement (6 points, tout comme Vaduz). Avec 23 tirs cadrés depuis la reprise (2,88 par match), la formation vaudoise est l'équipe avec la plus faible animation offensive de la ligue. Elsner et ses joueurs ont désormais une semaine pour retrouver des automatismes, avant d'accueillir le leader Lugano dimanche prochain.