Une saison pleine de promesses pour Servette, malgré un gros doute
Le Servette FC a manqué sa reprise en Super League, s'inclinant 1-0 samedi face à Bâle. Une saison pleine de promesses attend toutefois les Genevois, même si le cas Timothé Cognat n'est pas réglé.
Six victoires et deux matches nuls pour terminer la saison dernière: Servette abordait cette reprise face au FC Bâle avec la deuxième plus longue période d'invincibilité en championnat. Seul Sion avait fait mieux avec dix rencontres sans défaite pour boucler l'exercice 2025/26.
La loi des séries a néanmoins frappé les Grenat de plein fouet samedi. Devant leur public, ils ont montré beaucoup de bonnes choses, avant de perdre le match sur une erreur individuelle. Si le résultat n'a pas été au rendez-vous, la prestation, elle, peut faire miroiter des espoirs de saison réussie.
Voici les quatre principaux points qui conditionneront l'exercice 2026/27 du SFC.
Les Bâlois n'ont cadré qu'un seul tir en direction du but de Léo Besson, qui disputait son premier match en Super League samedi en raison des absences d'Edvinas Gertmonas et de Jeremy Frick. Ce fut le penalty transformé par Zan Celar à la 78e, obtenu après une intervention manquée du latéral Houboulang Mendes.
Le caractère plutôt inoffensif des hommes de Stephan Lichtsteiner (malgré de belles occasions pour Xherdan Shaqiri et Flavius Daniliuc en première période) s'explique par la très bonne prestation des hommes de Jocelyn Gourvennec. Le technicien français, arrivé en août dernier après le début de saison catastrophique sous les ordres de Thomas Häberli, a cette fois-ci disposé de toute la pré-saison pour préparer son équipe.
Cela s'est vu sur la pelouse de la Praille. "On a répondu présent dans l'impact, dans la manière de presser et de construire le jeu", s'est félicité Gourvennec. "J'ai dit aux joueurs que depuis que j'étais là, c'est l'un des meilleurs résultats au niveau des statistiques avancées."
"Cela n'a pas été simple", a confirmé son homologue Stephan Lichtsteiner. "Cette équipe (red: Servette) a beaucoup de qualités et joue un beau football."
Pour atteindre son objectif de disputer une compétition européenne la saison prochaine, Servette a également signé des renforts au potentiel intéressant.
Si l'option d'achat de l'ailier Junior Kadile (23 ans) a logiquement été levée après sa folle fin de saison dernière (6 buts et 10 passes décisives en 13 matches de Super League), l'expérimenté défenseur Quentin Maceiras, le prometteur attaquant Mathis Lambourde, le solide milieu défensif Pedor Naressi, ainsi que le gardien Gertmonas ont complété l'effectif grenat.
"Naressi est un très bon joueur, il équilibre le jeu avec le ballon. C'est un solide renfort au milieu de terrain", s'est réjoui le capitaine Timothé Cognat. "Lambourde, c'est pareil, c'est un profil très jeune, très percutant, qui a juste envie de montrer ses qualités et de pouvoir enfin exploser au haut niveau."
Il serait facile de pointer l'erreur individuelle de Mendes pour expliquer la défaite des Servettiens. Mais ses coéquipiers auraient clairement dû faire la différence plus tôt, eux qui ont dominé cette rencontre sans réussir à faire trembler les filets.
Si Jocelyn Gourvennec a aimé la prestation de son équipe dans les phases de pressing, qui ont souvent gêné les relances bâloises, il n'a manqué que le tranchant offensif. "Je n'ai pas envie de revivre ce genre de soirée, où l'on a des regrets à en pleurer", soupirait l'entraîneur de 54 ans.
L'absence de Kadile (pour un mois en raison d'une blessure survenue lors de la préparation), remplacé sur l'aile par le profil plus défensif de Lilian Njoh, trop discret samedi, a certainement pesé. Mais en pointe, ni Florian Ayé ni son remplaçant Samuel Mraz n'ont su véritablement inquiéter la défense adverse.
C'est le plus gros point d'interrogation qui plane encore au-dessus de la Praille en ce début de saison. L'avenir de l'emblématique Timothé Cognat, arrivé en 2018 au Servette en provenance de Lyon, n'est toujours pas réglé.
Le milieu de terrain de 28 ans avait fait part publiquement de ses envies d'ailleurs en fin de saison dernière. Juste avant la reprise, son entraîneur a pourtant déclaré que Cognat, n'ayant pas reçu l'offre attendue, était désormais passé à autre chose.
Cela ne semble en réalité pas vraiment être le cas. Et c'est là que le malaise persiste. S'il portait le brassard de capitaine samedi, ce n'est apparemment pas un signe qu'il restera forcément servettien cette saison.
"Pour le moment, je suis là. Mais le football peut aller très vite. Me projeter sur l'entièreté de la saison? Je ne peux pas vous le dire. Le brassard, ce n'est qu'un bout de tissu. Le plus important, ce n'est pas un capitaine, c'est plusieurs capitaines dans un vestiaire."
De quoi refroidir les ardeurs de ses supporters qui se réjouissaient de le voir sur la première feuille de match de la saison.