Le retour de Serena Williams à Wimbledon électrise le circuit
Bonheur, incrédulité, crainte de l'affronter... Le grand retour en simple de Serena Williams à 44 ans passés, programmé mardi à Wimbledon, ne laisse personne indifférent dans le vestiaire.
"Je suis impatiente de la voir jouer" mardi contre l'Australienne Maya Joint (WTA 87), s'est délectée par avance la no 1 mondiale Aryna Sabalenka.
"Je ne sais pas jusqu'où elle peut aller" dans le tableau, mais "ce qu'elle accomplit est formidable", a jugé l'actuelle patronne du circuit féminin en référence à celle qui a passé 319 semaines sur le trône mondial.
"Tout le monde en parle et elle pousse plus de gens à regarder le tennis, donc c'est une bonne chose pour notre sport" également, s'est réjouie la Bélarusse samedi en conférence de presse.
"Revenir après avoir été absente du circuit pendant plusieurs années, en étant mère de deux enfants, et consentir autant d'efforts (...) est remarquable", a renchéri l'ex-no 1 mondial Novak Djokovic, 24 titres du Grand Chelem au compteur (un de plus que Williams, qui en a remporté 23 en simple).
"Je l'ai plus vue en salle d'échauffement ici que quand elle était au sommet de son art, ça en dit beaucoup sur sa volonté que ce retour se passe aussi bien que possible", a poursuivi le Serbe de 39 ans, qui aura tout le loisir d'assister à l'entrée en lice de l'Américaine mardi puisque son premier tour est programmé lundi, comme Sabalenka.
Un spectacle que pourrait également s'offrir Mirra Andreeva (5e). Quelques semaines après avoir décroché son premier titre en Grand Chelem à Roland-Garros, la Russe de 19 ans a suivi anxieusement le tirage au sort vendredi.
"J'étais en train de m'échauffer pour mon entraînement et je regardais la cérémonie du coin de l'oeil. Je pense que personne ne voulait tomber sur Serena au premier tour. En tout cas pas moi, ça m'aurait beaucoup stressée!", a ri la Sibérienne, qui a finalement hérité de la Polonaise Magda Linette (59e) comme première adversaire.
"Avec beaucoup de respect, ça n'est pas étonnant", a commenté dimanche Serena Williams, toujours sûre d'elle.
Maya Joint ne se fait pourtant pas une montagne de cette entrée en lice forcément particulière.
"Quand j'ai entendu qu'elle avait reçu une invitation" pour le simple, après deux matches de double au Queen's et à Berlin plus tôt en juin, "une partie de moi-même voulait vivre l'expérience de jouer un match contre elle", a assuré l'Australienne.
"Ça sera un match difficile, mais je pense tout de même que j'ai une chance de gagner", a estimé Joint, malgré une première moitié de saison pauvre en victoires.
La grande inconnue concerne le niveau de jeu qu'affichera mardi Serena Williams après une si longue absence, et à un âge où nombre de sportives sont à la retraite depuis bien longtemps.
Invitée par la presse à donner quelques indices, la soeur aînée de l'Américaine a décliné. "Vous pouvez sans doute aller la voir jouer sur les courts" d'entraînement, a suggéré Venus Williams, qui disputera le tournoi de double à Wimbledon aux côtés de Serena.
A l'entraînement justement, Serena Williams avait attiré une bonne centaine de spectateurs dès samedi sur le court no 12.
L'ex-patronne du circuit arrive à Londres avec des attentes "clairement différentes", a-t-elle expliqué.
"Pour la première fois de ma carrière (...) je pense que je profiterai vraiment du fait d'être ici", a-t-elle anticipé à deux jours de son entrée en lice, qu'elle abordera un peu "nerveuse", "comme avant chaque match de (sa) vie".