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Analyse Football

Hugo Bolin, l'espoir de Gladbach

Lortho

Dernier du championnat, seule équipe à zéro point, le Borussia Mönchengladbach ne peut guère retenir de motif de satisfaction de son début de saison. L'ailier gauche international suédois Hugo Bolin arrivé de Malmö, en prêt cet hiver puis comme recrue ferme cet été, fait partie de ceux devant incarner le rebond.

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Contre Hoffenheim (1-2), le 18 octobre. © IMAGO / Laci Perenyi

Il devait être le symbole d'un nouveau cap mais Hugo Bolin a été, comme tous ses coéquipiers, emporté par la houle en ce début de saison. Six rencontres de Bundesliga, zéro point, le bilan du Borussia Mönchengladbach, qui l'a recruté de manière définitive cet été pour 2 M€ à la suite de son prêt hivernal, est cataclysmique. La direction des Poulains se disait pourtant, au moment d'activer la piste Malmö pour enrôler le jeune Suédois Hugo Bolin, que la jurisprudence était de son côté. Martin Dahlin ou Patrik Andersson, venus eux aussi du célèbre club de l'extrême sud de la Suède il y a une trentaine d'années, avaient laissé une trace durable dans l'histoire du club des bords du Rhin. La venue de Bolin réveille forcément les nostalgiques de la grandeur de Gladbach puisque la Coupe d'Allemagne remportée avec les deux stars suédoises en 1995 est le dernier trophée en date dans la vitrine du Borussia...

C'est surtout en défense – la pire de Bundesliga avec 20 buts encaissés – que les Fohlen souffrent en ce début d'automne. Bolin, lui, fait quelques miracles – il a déjà inscrit deux buts en championnat, soit 25% des réalisations de son équipe – mais ça ne suffit pas à réveiller cette institution amorphe. Pas encore, du moins. Car le Suédois de 23 ans est avant tout un investissement sur l'avenir. Il ne faudrait pas, cependant, que l'insouciance qui caractérise son jeu ne se dilue dans les errances de son équipe. Cet été, tout allait bien : Bolin s'extirpait de la préparation d'avant-saison comme l'un des gagnants dans l'effectif, bien installé dans le trio prévu au soutien de l'attaquant de pointe. Avant que l'exercice 2026-2027 de Bundesliga ne démarre, au premier tour de la Coupe d'Allemagne, certes contre la modeste formation de Schott Mayence (5-0), Bolin avait brillé en inscrivant deux buts et en distribuant une passe décisive, s'assurant ainsi la reconnaissance d'homme du match.

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Le jeune Wael Mohya (au centre) a pris Bolin sous son aile à son arrivée.

Polanski : « Il peut faire mieux encore »

Las, une semaine plus tard à Leipzig, l'ailier suédois disparaissait de la circulation avec l'ensemble de son équipe (0-3). De quoi plomber le début de championnat des Poulains mais pas d'effacer la montée en puissance de Bolin depuis son arrivée en Allemagne, où il a inscrit son premier but à la 34e journée de la saison dernière, contre Hoffenheim (4-0). Un point d'orgue qui lui a donné envie d'être « plus efficace, davantage décisif » en 2026-2027, vœu partagé par son entraîneur Eugen Polanski, balayé par la tempête depuis et remplacé par Alexander Blessin. Techniquement, notamment grâce à la qualité de sa conduite de balle et à son dynamisme, Bolin a les moyens de ses ambitions mais son réalisme devant le but, dans un championnat où l'attaquant dispose de moins de temps qu'en Suède, reste à parfaire. « Je crois qu'il peut faire mieux encore », avait jugé Polanski après le succès en Coupe d'Allemagne. « Il faut qu'il soit plus agressif et plus déterminé » dans la finition.

Son directeur sportif, cité par le bi-hebdomadaire kicker, apprécie particulièrement sa recrue. « Il sait s'adapter, ne rechigne pas à courir et sait trouver des solutions dans les petits espaces », brosse Rouven Schröder. « C'est un super jeune homme, toujours prêt à travailler pour l'équipe. » Le dirigeant des Fohlen savait pertinemment, cet hiver, que Bolin aurait besoin d'un temps d'adaptation à la Bundesliga allemande, d'où un prêt “anticipé” pour l'acclimater. D'autant qu'à l'époque, le championnat suédois était en pleine trêve. Arrivé le dernier jour du mercato, le Suédois a été plongé dans le bain à froid. « J'ai dû me familiariser avec une multitude de choses », reconnaît-il. C'est d'abord pour le long terme qu'il s'était engagé (son contrat court jusqu'en 2030) mais son club a eu besoin de lui sans délai. Et une complicité flagrante s'est rapidement développée avec Wael Mohya, autre talent offensif nettement plus jeune mais déjà en place à Gladbach.

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Contre la Roumanie, cet automne, en Ligue des nations.

La difficile équation de la compétitivité

Chez les Poulains, qui disposent de toute une rangée de bons milieux offensifs axiaux ou latéraux – Bolin, Mohya, Honorat et Hack –, le problème vient surtout de la pointe, longtemps orpheline de Tim Kleindienst. Ce dernier, sur le flanc pour une blessure musculaire, est toujours absent et manque cruellement à son équipe. « Je suis flexible et je peux jouer dans les trois positions (derrière l'attaquant de pointe), ce qui fait partie de mes atouts », juge Bolin. Un constat qu'on peut faire pour Hack et Mohya aussi, même si chacun a ses circuits préférentiels. Le club compte sur des joueurs à potentiel qui apportent leur touche de créativité. La cure d'amaigrissement financière imposée par la direction remet cependant en question la compétitivité de Gladbach en Bundesliga. Les Fohlen comptent déjà cinq points de retard sur la ligne de flottaison. La valeur financière de Bolin, elle, a déjà quasiment quadruplé et si, comme ce fut le cas en octobre, il continue à être appelé en équipe nationale, elle devrait se consolider. Avec trois victoires en trois sélections, il est invaincu sous le maillot jaune et bleu. Un bilan qui en ferait rêver plus d'un à Mönchengladbach...

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