Tom Bischof, l'élan international
Brillant jeudi dernier à Munich face à la Serbie (2-0), le milieu polyvalent du Bayern s'impose comme une candidature de premier choix pour les futurs onze du sélectionneur de la Mannschaft.
Ce triangle-là, avec Aleksandar Pavlovic à sa pointe basse, Florian Wirtz côté gauche et Tom Bischof côté droit, fut l'une des grandes réussites du onze bâti par Jürgen Klopp pour affronter la Serbie, jeudi dernier à Munich. Impressionnant dans son travail défensif, le premier cité a donné aux deux autres une liberté d'action qu'ils ont exploitée avec gourmandise. Servi par Wirtz, Bischof a ouvert le score, le milieu offensif de Liverpool se chargeant lui-même de donner à l'Allemagne un avantage définitif. Tandis que tout le pays discute du statut de Joshua Kimmich, la star nationale dans ce secteur de jeu, son coéquipier du Bayern a marqué des points et cherchera à les convertir en certitudes, ce dimanche soir en Grèce, pour peu que son sélectionneur l'aligne une nouvelle fois d'emblée, comme c'est probable.
Leon Goretzka parti pour Birmingham cet été, Tom Bischof, 21 ans, a vu son horizon se dégager partiellement dans la perspective de s'imposer au Bayern, où la direction sportive a renoncé à recruter du “lourd”, si ce n'est le jeune international sénégalais Bara Sapoko Ndiaye, pour remplacer l'ancien joueur emblématique de Schalke. L'ancien milieu d'Hoffenheim, arrivé en Bavière il y a un peu plus d'un an, a récupéré le numéro de maillot de son “prédécesseur”, le n°8, symbole de son ambition de s'installer à terme parmi les cadres. Il a surtout montré à son entraîneur, lorsque celui-ci s'est trouvé contraint de bricoler le flanc gauche de sa défense en l'absence d'Alphonso Davies et d'Hiroki Ito, qu'il pouvait rendre service à plusieurs endroits du terrain.
Doublé de classe à Fribourg
En Bavière, Bischof n'est plus un novice depuis longtemps. La saison passée, il a participé à 39 matches, dont douze comme remplaçant, et en aurait certainement disputé davantage sans deux blessures handicapantes. Avec le recul, la direction sportive continue d'insister sur son intégration réussie dès le Mondial des clubs, l'été dernier, pour lequel le Bayern avait rémunéré le TSG afin de disposer au plus vite de sa recrue. Sans une opération de l'appendicite, Bischof aurait certainement démarré la saison dans la rotation. Il a dû patienter quelques semaines pour retrouver le terrain, et quelques mois pour frapper un grand coup : début avril, il inscrivait un doublé – une frappe du droit, une frappe du gauche – décisif pour une importante victoire 3-2 à Fribourg, louanges et reconnaissance à la clef.
« L'entraîneur veut me donner du temps de jeu, parce que la concurrence au milieu de terrain est grande », décryptait le capitaine de l'équipe nationale des moins de 21 ans cet hiver à propos de son positionnement comme latéral gauche. « Je le prends bien, je m'en réjouis, même, parce que ce poste est interprété différemment au Bayern que dans d'autres clubs. » Meneur de jeu reculé de formation, Bischof a effectivement joué la partition comme un créateur excentré, quitte à accepter quelques courants d'air dans son dos. Laissant ainsi deviner, dans la mise en musique de sa polyvalence, pourquoi le Rekordmeister avait fait l'effort de le recruter face à l'appétit de la concurrence.
Duel avec Kane sur la qualité de frappe
À Munich, tout le monde n'est pas d'accord sur le meilleur technicien de l'effectif en matière de frappe. Harry Kane a bien entendu ses adeptes, mais Bischof aussi, qui marque l'immense majorité de ses buts de l'extérieur de la surface. Ce qui est certain, en revanche, c'est la relation amicale que l'ancien joueur d'Hoffenheim entretient avec Aleksandar Pavlovic, l'un de ses compères du milieu – en club comme en sélection, désormais. L'arrivée de Nathaniel Brown pour soulager ou suppléer Alphonso Davies au poste de latéral gauche a libéré Bischof de cette tâche mais ce dernier doit encore s'imposer face à une concurrence qui demeure coriace, avec Konrad Laimer, notamment, en plus des joueurs déjà cités, même si l'Autrichien alterne aussi avec Josip Stanisic comme latéral droit.
Capitaine en amical de pré-saison à Rottach-Egern à la sortie de Sven Ulreich, Bischof fait petit à petit son trou dans l'un des plus grands clubs du monde et son talent n'est évidemment pas passé inaperçu sur le radar de Jürgen Klopp. Le nouveau sélectionneur compte sur la fraîcheur de la jeunesse et des talents qui la composent. Écarté du Mondial, où les absents ont toujours eu raison, à cause d'une gêne au mollet qui l'avait empêché de se mettre en valeur en quart comme en demi-finale de Ligue des champions, le natif du canton d'Aschaffenburg a changé de statut depuis, profitant notamment d'une préparation estivale sans pépin. « Son rôle va encore prendre de l'importance », affirmait le directeur sportif Christoph Freund au cœur de l'été. « Nous avons une grande confiance en lui, et beaucoup d'espoirs. C'est un très bon joueur, qui va gagner en responsabilités et en temps de jeu. Il est mûr, il est prêt, j'en suis certain. » Avec un écho probable en équipe nationale.