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Analyse Football

Konstantinos Karetsas, déjà indispensable

Lortho

Les débuts du jeune milieu offensif grec avec le BvB ont été si remarqués que le club, soucieux de son état physique, a demandé à la fédération grecque de le ménager ce week-end à l'occasion de Grèce-Allemagne. A priori sans succès.

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Contre l'Allemagne de Nathaniel Brown à Augsbourg, le 27 septembre. © IMAGO / osnapix

Titulaire à l'occasion des trois derniers matches de la Grèce, Konstantinos Karetsas ne chôme pas. Le milieu offensif international de 18 ans a même disputé l'intégralité de la rencontre historique à l'issue de laquelle, le 27 septembre, la formation hellénique a battu l'Allemagne pour la première fois (1-0). À tel point que son club, qui a déjà déploré son forfait à l'heure d'affronter Paderborn, le 12 septembre, pour des troubles de la circulation sanguine, aimerait le récupérer en forme à l'issue de la trêve internationale et a demandé à la fédération grecque de le ménager.

Il y a longtemps que l'Europe du football a compris à quel point un tel profil et un tel talent étaient précieux. Il y a deux ans tout juste, l'entraîneur du KRC Genk, Thorsten Fink, hésitait à multiplier les superlatifs à son égard par peur d'attirer les convoitises, sans être dupe de ce que de nombreux clubs avaient déjà identifié le potentiel du jeune Grec alors âgé de 16 ans. « Tout le monde se positionne, ce n'est pas un secret », avait lâché l'ancien milieu défensif du Bayern dans un podcast du bihebdomadaire kicker. À 15 ans, Karetsas évoluait déjà chez les moins de 23 ans du club de sa ville de naissance, Genk donc, et la même année, en mai 2024, il effectuait ses débuts chez les professionnels.

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Meneur de jeu à l'ancienne, Karetsas est vif et technique.

Des jeunes Belges aux A grecs

Si le club belge a pu le conserver deux saisons supplémentaires, Dortmund, qui l'avait évidemment sur son radar depuis 2024, a su manoeuvrer pour enrôler le prodige cet été moyennant une petite trentaine de millions de francs suisses. Non sans effort : Ole Book, le nouveau directeur sportif des Schwarzgelben, a dû s'armer de longues semaines de patience pour parvenir à ses fins. Le KRC est réputé pour la qualité de sa formation, réputé aussi pour ne pas laisser filer ses jeunes éléments pour une bouchée de pain. Karetsas, de fait, constitue depuis cet été la vente la plus chère de l'histoire du club belge.

Une statistique qui ne s'explique pas seulement pas l'inflation des tarifs de transfert. En dépit de son jeune âge, le milieu offensif du BvB, avant de mettre le cap sur la Ruhr, avait déjà disputé 65 matches en première division belge, agrémentés de trois buts et surtout quatorze passes décisives, auxquels il faut ajouter onze apparitions en Ligue Europa (deux buts, cinq passes décisives) et une quinzaine, désormais, en sélection grecque, au sein de laquelle il a débuté chez les A en mars 2025. Étant donné son parcours dans les équipes nationales de jeunes en Belgique, son pays de naissance n'a pas manqué de s'indigner quand l'adolescent a opté pour celui de ses parents en A, les plus enthousiastes voyant en lui un successeur à Kevin de Bruyne...

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À Dortmund, un argument offensif majeur auprès de Maximilian Beier et Serhou Guirassy.

Successeur de Julian Brandt

À défaut de suivre les pas de la star belge, Karetsas a endossé avec gourmandise le costume abandonné par Julian Brandt à Dortmund. Niko Kovac a beau compter avant tout sur les performances défensives et physiques de son équipe, il n'a pas manqué de solliciter comme titulaire les qualités offensives de sa pépite grecque. Cette dernière a rendu au technicien croate la confiance qu'il lui accorde par quelques coups de patte dignes des meneurs de jeu à l'ancienne, offrant notamment une passe décisive dès la première journée de Bundesliga, fin août, contre Hambourg (2-0). Vif et technique, Karetsas dispose d'un pied gauche précis – pléonasme pour les gauchers comme lui –, d'une bonne vision du jeu et sait mettre en scène ses partenaires.

« Il a les qualités pour devenir une star », assène Thorsten Fink, qui s'y connaît en contingences jaunes et noires puisqu'il est lui-même né à Dortmund et qu'il y a joué jeune. « J'imagine assez bien qu'il puisse aussi devenir un chouchou du public », conclut-il. Meneur de jeu axial ou positionné à droite à Genk et en sélection, le Grec n'est pas dépaysé chez les Borussen, où il évolue dans le même secteur. En club comme en sélection, ses entraîneurs comptent bel et bien sur lui et, malgré les demandes du BvB, le sélectionneur Ivan Jovanovic s'est montré ferme, ce samedi soir en conférence de presse d'avant-match. « Depuis que je suis sélectionneur national ici, aucun club en Europe n'a exigé de traitement de faveur de notre part. Tant que je serai en poste, il n'y aura pas d'exception. » Du point de vue grec, le garçon a trop de valeur pour ne pas participer à un match à enjeu contre l'Allemagne...

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