Vozinha, la belle histoire du Cap-Vert
Les Coupes du monde ont leur lot de belles histoires et l'édition 2026 connait déjà la sienne: celle de Vozinha, le gardien du Cap-Vert. Pour ses débuts dans la compétition à 40 ans, il a grandement contribué à l'exploit retentissant de son équipe contre l'Espagne (0-0).
Lundi à Atlanta contre cette Roja si redoutable, championne d'Europe en titre et logiquement candidate au sacre mondial, il a repoussé tous les assauts adverses, offrant à son pays de 500'000 habitants composé d'une dizaine d'îles au nord-ouest de l'Afrique, le premier point de son histoire.
L'exploit a été tout aussi immense qu'inattendu et son compte Instagram en est la meilleure illustration. Le portier capverdien, inconnu du grand public, est passé de quelques dizaines de milliers d'abonnés à près de 5 millions en seulement une poignée heures.
Et quand il a appris cet afflux de fans au micro d'un diffuseur, il n'y a pas cru tout de suite, lui qui a connu une carrière contrastée l'ayant mené en Angola, en Moldavie, à Chypre et en Slovaquie avant son dernier transfert au Portugal.
Josimar José Évora Dias dit Vozinha, qui doit son prénom à l'ex-footballeur brésilien Josimar, mondialiste avec la Seleção au Mexique en 1986 et vainqueur de la Copa América en 1989, a commencé sa carrière en 2007 et a fait ses débuts en sélection en 2012, à 26 ans.
Sous le maillot des Requins bleus, il a disputé quatre éditions de la Coupe d'Afrique des nations, mais n'avait jamais vraiment pris la lumière jusque-là.
D'ailleurs, sa valeur marchande atteint seulement 50'000 dollars, selon le site spécialisé Transfermarkt. Le portier du GD Chaves, en D2 portugaise, a dû attendre sa 89e sélection et sept arrêts décisifs dont un à bout portant (39e) et plusieurs belles détentes (44e, 45e+3), pour entrer dans une autre dimension.
C'est finalement durant ce court instant avant la mi-temps que le gardien a été véritablement mis à l'épreuve par les joueurs de la Roja, jusqu'alors maladroits.
Il a d'abord détourné la tête de Mikel Oyarzabal, puis s'est bien couché sur la frappe à ras de terre de Ferran Torres, avant de réaliser son meilleur arrêt, en pleine extension, sur une tête d'Aymeric Laporte. Puis, en seconde période, ce sont Fabian Ruiz, Mikel Merino et Marc Cucurella qui ont buté sur le gardien culminant à 1m89.
Le visage marqué et la barbe parfaitement soignée, celui qui a été élu homme du match a terminé en larmes après le coup de sifflet final, entouré par ses coéquipiers.
"J'ai pleuré parce que j'ai grandi avec mes grands-parents et malheureusement ils sont décédés il y a quelques années. Ils ont tout fait pour moi et ils n'étaient pas là (aujourd'hui). Ma mère aussi n'a pas pu venir à cause du visa", a-t-il expliqué, précisant qu'il n'avait pas "réussi à réunir à temps l'argent suffisant".
"Mais je suis très heureux et aussi heureux pour tout le peuple capverdien, a-t-il commenté en zone mixte, avec le trophée d'homme du match entre les mains. C'est une grande fierté pour moi, c'est un honneur pour moi de représenter mon pays".
Dans sa zone technique, le sélectionneur Bubista a reconnu avoir aussi été "submergé par l'émotion" quand il a vu son gardien bouleversé. "Il a énormément d'expérience, il a énormément travaillé pour arriver jusque-là. C'étaient des larmes de résilience. Nous avons montré une grande organisation défensive, je veux féliciter mon équipe", a-t-il commenté devant la presse.
Le prochain défi de Vozinha sera face à l'Uruguay de Federico Valverde et Darwin Nuñez, dimanche, puis contre l'Arabie Saoudite pour continuer d'écrire la belle histoire du Cap-Vert.