Kennet Eichhorn, l'attraction du Bayer
De nombreux clubs parmi les plus prestigieux, en Allemagne comme à l'international, rêvaient de s'attacher ses services. C'est finalement le Bayer Leverkusen qui a enrôlé le prodige du Hertha Berlin. Avec l'espoir d'en faire le digne successeur de Florian Wirtz.
Pour le grand public, c'est la principale découverte de la saison passée dans le football allemand. Kennet Eichhorn, 17 ans dans une semaine, a affolé les recruteurs du continent avant de se décider pour le Bayer Leverkusen, où il s'apprête à découvrir la première division après avoir goûté, il y a peu, à l'échelon inférieur avec le Hertha Berlin. Le club rhénan a déboursé 9 M€ pour s'attacher les services du milieu berlinois, qui vient d'obtenir son bac professionnel et va donc pouvoir se concentrer largement sur le football cette saison – même s'il devra formellement, pendant un an, mettre en pratique ses acquis du lycée en parallèle du rectangle vert.
Pour que leur “fils prodige” réussisse le grand saut dans l'élite allemande sans négliger la fin de son parcours scolaire, ses parents déménagent avec lui en Rhénanie du nord-Westphalie. À Leverkusen, les dirigeants espèrent que leur recrue au talent hors norme suivra les traces de ses illustres devanciers Kai Havertz et Florian Wirtz, partis après leur bail au Bayer vers les plus grands clubs anglais. Liverpool, Manchester City, Leipzig, Dortmund ou le Bayern lorgnaient eux aussi sur le milieu offensif d'1,86 m mais Eichhorn s'est décidé pour le champion d'Allemagne 2024. Non sans raison : le Bayer, qui a puisé dans son porte-monnaie pour réussir la transaction, s'était organisé sur le dossier depuis de longs mois et vient d'enrôler, en parallèle, le jeune coach germano-grec Konstantinos Kotsifakis, qui entraînait jusqu'ici les moins de 17 ans du Hertha. Il n'en compte pas moins profiter des qualités de l'adolescent sans délai en équipe première, ce qui a pu, aussi, pousser Eichhorn à opter pour ce club au détriment d'autres.
Polyvalent dans l'axe
Salaire de ministre – l'hebdomadaire Sport Bild évoque 2,5 M€ annuels, évolutifs en fonction notamment du nombre d'apparitions en Bundesliga –, prime à la signature, le jeune Berlinois débarque au bord du Rhin avec un statut de star en devenir. Carles Martinez, le nouvel entraîneur du Bayer, le verrait bien dans le secteur défensif axial, aux côtés d'un partenaire, dans le 4-3-3 qu'il projette de mettre en place. Le club, lui, espère que sa recrue s'affirme comme titulaire voire patron du milieu de terrain dans un délai de deux ans. On imagine assez bien une complémentarité avec un Exequiel Palacios, de dix ans l'aîné d'Eichhorn, l'un couvrant l'autre et vice-versa selon les circonstances. Car le jeune Berlinois est aussi à l'aise en second rideau que s'il doit prendre les initiatives offensives, ce qui donne une flexibilité à son coach au moment de composer son onze.
À 17 ans à peine, l'ex-Herthaner a déjà eu le temps de prouver qu'il tenait la route chez les professionnels. Il est apparu 17 fois la saison dernière dans l'équipe première du Hertha BSC, devenant au passage le plus jeune buteur de l'histoire de ce championnat, et ses statistiques individuelles sont conformes aux standards – ce qui, à 16 ans, relève de l'exception. 50% de duels gagnés, 11,7 km parcourus en moyenne par heure et demie de jeu, 83% de passes réussies et surtout une capacité époustouflante à organiser le jeu de son équipe. Nul doute qu'entouré d'une kyrielle d'internationaux, l'adolescent ne pourra que progresser, d'autant que l'un des préceptes de son nouvel entraîneur est précisément le développement des jeunes joueurs. Carles Martinez a eu l'occasion de le prouver comme formateur au FC Barcelone, puis à Toulouse, et ses arguments dans ce domaine n'auront pas manqué d'aider la famille Eichhorn à opter pour Leverkusen.