La 1e journée de Bundesliga au scanner
Un champion souverain, un dauphin qui assume son rôle, un petit poucet renversant : la première journée du championnat d'Allemagne 2026-2027 a offert, comme de coutume, des bases spectaculaires à l'exercice qui commence.
Le fait du week-end : le Bayern en patron
En Bavière, pas question de changer les bonnes habitudes. « À domicile, nous chercherons à marquer le plus de buts possible », avait annoncé le directeur sportif Christoph Freund quelques instants avant le Südschlager Bayern-Stuttgart qui a ouvert la saison de Bundesliga, vendredi. Voeu immédiatement exaucé : à peine digérée l'égalisation de Josha Vagnoman à 1-1, les joueurs de Vincent Kompany ont fait parler la poudre pour détruire les espoirs souabes en quelques minutes (score final 5-1). Buteur et impliqué dans de nombreuses offensives des siens, élu homme du match, Michael Olise s'est, comme de coutume, particulièrement mis en valeur mais l'entraîneur belge du Bayern aura enregistré avec satisfaction l'intégration de Nathaniel Brown, meneur de jeu comme en Supercoupe une semaine plus tôt, et d'Ismael Saibari, double passeur décisif pour le 4-1 puis pour le 5-1. Entre les tauliers qui assurent – tel Joshua Kimmich, double passeur décisif lui aussi – et des recrues en veine, le champion en titre s'annonce comme particulièrement difficile à déloger de son trône.
Le match du week-end : Union-Eintracht, duel sans vainqueur
Adi Hütter n'a jamais perdu son premier match d'une saison avec l'Eintracht, et ce bilan immaculé (deux victoires, deux nuls) s'est confirmé ce week-end à la faveur du nul obtenu par ses hommes dans la capitale (3-3). Pourtant, en encaissant trois buts, le SGE a rappelé les mauvais souvenirs de la saison passée à ses supporters. Noah Atubolu, fraîchement recruté dans les buts, s'est néanmoins démené, réussissant pas moins de neuf parades, un record dans sa carrière dans l'élite. Union, quant à lui, en est à six saisons consécutives sans défaite en ouverture du championnat, mais il a fallu pour cela remonter deux buts de retard dans le dernier quart d'heure – un signe que les vertus berlinoises sont intactes – et que Tim Skarke aille arracher l'égalisation à la 92e minute.
Le joueur du week-end : Younes Ebnoutalib, triple dose
« Cela fait du bien à la tête et donne confiance. Mais il faut continuer et ne pas se reposer là-dessus. » La performance est remarquable – Seul Bernd Nickel, en 1977, avait marqué trois buts pour l'Eintracht à l'occasion d'une première journée –, mais l'attaquant germano-marocain de Francfort Younes Ebnoutalib n'entend pas s'en contenter. Son triplé n'a en effet pas suffi aux hommes d'Adolf Hütter pour s'imposer à Berlin contre l'Union (lire par ailleurs). « Trois buts font toujours plaisir. C’est dommage que cela n’ait rapporté qu’un point. Trois points auraient été encore mieux », a concédé l'ancien joueur d'Elversberg. Après sa blessure au ligament interne du genou subie en janvier dernier, ce hat trick peut néanmoins constituer un déclic pour Ebnoutalib. Pas surprenant qu'il ait ainsi voulu récupérer le ballon du match pour conserver un souvenir de cette soirée : son triplé lui permet d’entrer dans l’histoire récente de Francfort dans la mesure où aucun joueur de l’Eintracht n’avait réussi une telle performance en Bundesliga depuis les cinq buts inscrits par Luka Jović contre le Fortuna Düsseldorf en octobre 2018.
Le chiffre du week-end : Edin Dzeko, 5734 jours après
C'était l'une des attractions attendues de l'été : 5734 jours après sa dernière apparition en Bundesliga, la légende Edin Džeko, en remplaçant son compatriote bosnien Nikola Katić à la 76e minute d'Augsbourg-Schalke, a retrouvé l'élite du football allemand à plus de 40 ans. L’attaquant international est ainsi devenu le huitième joueur – et le quatrième joueur de champ – le plus âgé à avoir jamais joué en Bundesliga. Mais ce n'est pas seulement son âge qui a rendu le retour de Džeko si particulier : c'est aussi l'intervalle entre son dernier match de Bundesliga avec le VfL Wolfsburg, le 18 décembre 2010, et son retour avec les Königsblauen ce dimanche. Quinze ans et 255 jours, c'est le deuxième plus long intervalle entre deux matchs de Bundesliga de l'histoire pour un joueur. Seul Wolfgang Böhni a fait mieux : 16 ans et 245 jours, entre 1966 et 1983, séparaient ses matches avec le Karlsruher SC et le Waldhof Mannheim.
Le flop du week-end : Leverkusen refroidi d'entrée
Le champion d'Allemagne 2024 aurait dû se méfier : jamais Elversberg n'a perdu un match inaugural depuis que le club évolue dans la sphère professionnelle – première, deuxième et troisième division confondue. Jamais un club de la Sarre, pourtant, n'avait remporté son premier match en Bundesliga (Sarrebruck, Neunkirchen et Homburg avaient tous échoué). C'est chose faite depuis ce week-end, et avec la manière : le SVE n'a eu besoin que de neuf petites minutes pour inscrire les deux premiers buts de son histoire dans l'élite, ce qu'aucune des 58 équipes à avoir fréquenté la Bundesliga avant lui n'avait réussi ! Côté Bayer, Patrik Schick a inscrit son 91e but en Bundesliga, son premier à l'occasion d'une première journée, mais les hommes de Carles Martinez ont enregistré la 300e défaite à l'extérieur (contre 278 victoires) de l'histoire du Werkself depuis la création de ce championnat.