Tobias Strobl, un nouveau dynamisme pour Wolfsburg
Moribond la saison passée, le VfL Wolfsburg redescend en deuxième division après trois décennies dans l'élite. Mais le club de Basse-Saxe renouvelle en profondeur sa direction sportive et compte notamment sur un jeune entraîneur pour rebondir.
Plus que morose en Basse-Saxe, la saison 2025-2026 a ramené le VfL Wolfsburg en deuxième division après 29 ans en Bundesliga. Un gâchis sportif et financier mais aussi l'occasion de rebondir, et le champion d'Allemagne 2009 ne veut pas la manquer. Exit le patron du secteur sportif Peter Christiansen, remercié le 8 mars dernier. C'est Dieter Hecking, qui a tenté en vain de maintenir les Loups dans l'élite comme entraîneur par intérim lors des dernières semaines de l'exercice, qui prend la place du Danois, tandis que le directeur sportif en activité, Pirmin Schwegler, conserve ses fonctions. Les deux hommes se sont accordés sur un pari courageux : confier le poste d'entraîneur à un jeune technicien plein d'appétit : Tobias Strobl, 38 ans, qui officiait jusqu'alors au SC Verl.
Contrairement aux préconisations de son conseil de surveillance, qui aurait, dit-on, préféré privilégier l'expérience, le duo en charge du sportif a choisi d'oser confier à une jeune pousse l'objectif de la remontée. Tobias Strobl, ancien joueur d'Ingolstadt, où il est né, est ainsi entré en fonction début juin. Pourquoi opter pour un entraîneur qui n'a connu ni la première, ni la deuxième division comme joueur, alors qu'on affiche l'ambition de revenir immédiatement en Bundesliga ?
2025-2026, saison décisive à Verl
Dans le paysage du football allemand, le Bavarois n'est pas encore une vedette mais n'est pas tout à fait inconnu non plus. Après avoir oeuvré comme entraîneur-adjoint puis entraîneur principal de la réserve d'Ingolstadt, Strobl a officié deux saisons et demie à Schweinfurt, en 4e division, puis trois à Augsbourg, en charge de l'équipe réserve des Fuggerstädter. Mais c'est surtout au SC Verl, la saison dernière, qu'il a attiré l'attention. Sixième de 3e division, il a largement dépassé les attentes dans un club se situant, financièrement, dans le troisième tiers du tableau. Le club de Rhénanie-du-nord-Westphalie a terminé l'exercice avec la meilleure attaque (82 buts) et la deuxième meilleure défense (48 buts encaissés) d'une division comprenant des cadors du football allemand comme Rostock, Duisburg, Essen, Sarrebruck, Aix-la-Chapelle, Munich 1860, Mannheim ou Cottbus. Une performance qui interpelle.
Mais ce n'est pas tout. Verl a affiché le plus haut pourcentage de possession (61,7%), avec 41,2% des attaques se terminant dans le dernier tiers du terrain – mieux que toute autre formation, là aussi. Strobl a joué à fond la carte de l'offensive – aucune équipe n'a joué ni pressé aussi haut en 3e division en 2025-2026. Le mélange de contrôle du ballon et d'attaques verticales a montré sa pertinence et tapé dans l'oeil des dirigeants bas-saxons. Reste à savoir s'il sauront mettre leur effectif 2026-2027 en adéquation avec les préceptes de leur nouvel entraîneur.
Armada offensive
Hecking et Schwegler s'activent pour cela. Le recrutement de l'avant-centre de Darmstadt Fraser Hornby, dont le pressing est une seconde nature, en est une illustration flagrante. Dzenan Pejcinovic et Kento Shiogai, déjà dans l'effectif, abondent dans ce sens, et l'arrivée en provenance d'Hambourg de Robert Glatzel, pas avare d'efforts non plus, complète le tableau. Accompagné de cette armada offensive, Strobl doit incarner un nouveau VfL, à l'appétit renouvelé, apte à faire oublier la désolation de la saison écoulée. « Je préfère gagner 5-4 que 1-0 », assume le jeune technicien, qui expliquait au bi-hebdomadaire kicker cet hiver être « un créatif. J'étais un meneur de jeu qui voulait créer des différences et qui était heureux que les dix autres joueurs de l'équipe puissent s'acquitter des tâches défensives. »
Plus tard entraîneur-joueur, Strobl y a muté en milieu défensif, y développant son goût pour la possession. Pas étonnant, dès lors, que le Bayern de Josep Guardiola lui serve d'inspiration. « J'avais un faible pour cette façon de jouer », confirme-t-il. « J'ai lu ses biographies et je me suis mis deux ou trois choses de côté. » Qui le mèneront peut-être un jour sur le banc du Bayern, le grand club de sa région d'origine, et d'abord en première division, quel que soit l'employeur. Le premier vœu relève du rêve, le second d'une ferme volonté qu'il va pouvoir mettre en œuvre dès cet été.