Dennis Seimen, de but en grand
Le jeune gardien de Stuttgart, 20 ans, propulsé n°1 cette saison dans le Bade-Wurtemberg de retour de prêt de Paderborn, devra patienter pour effectuer ses grands débuts en Bundesliga en raison d'une blessure à la cuisse.
Jusque là, sa trajectoire n'avait fait que suivre une courbe ascendante. Dennis Seimen s'apprêtait à fêter ses débuts en Bundesliga, à 20 ans, comme gardien n°1 d'un club qualifié pour la Ligue des champions, le VfB Stuttgart. Las, fin juillet, sa cuisse a lâché à l'entraînement et l'international allemand U21 devra patienter jusqu'à fin septembre, estime-t-on, pour retrouver le terrain. Les qualités qu'il a étalées tout au long de la saison dernière en prêt à Paderborn, où il a disputé les 34 matches de championnat plus les deux rencontres de barrage ayant permis au club d'accéder à la première division au détriment de Wolfsburg, n'en sont pas pour autant remises en cause.
Si l'on met de côté cette remarquable saison en prêt au SCP 07, cela fait désormais dix ans que Seimen porte la tenue du VfB. Dans le sud-ouest de l'Allemagne, on connaît donc son parcours par cœur, sa progression aussi, qui l'a mené des équipes de jeunes du club à la réserve, en 3e division, puis à l'étage au-dessus l'an dernier. Personne ne doute, en conséquence, que le jeune portier d'1,92 m né à Heilbronn, où il a débuté, sache prendre la succession d'Alexander Nübel, en partance après trois saisons à Stuttgart où il était prêté par le Bayern. Sebastian Hoeness, qui aurait volontiers traversé une saison de plus avec Nübel en raison de l'expérience de ce dernier, accepte bon gré, mal gré cette courageuse cure de jouvence à un poste-clef. « Nous sommes certains qu'il sera à la hauteur des attentes », assène le directeur sportif Fabian Wohlgemuth. « Nous lui faisons une totale confiance. »
Wohlgemuth : « Jugé sur la performance »
Basée, selon Wohlgemuth, exclusivement sur les performances, et non sur le fait que Seimen est un produit maison. « Comme tous les autres joueurs, il sera jugé sur sa valeur sportive », scande le directeur sportif, qui n'en savoure pas moins le retour d'un joueur formé au club dans l'équipe première. Pour un gardien, ce n'était plus arrivé depuis Sven Ulreich, en 2010. Le nouveau venu à l'échelon supérieur aura de quoi faire : non seulement il aura à défier les meilleurs attaquants du pays, mais il se mesurera aussi à ceux du continent avec la Ligue des champions. « Il est temps que je franchisse un nouveau palier », assure Seimen, qui ajoute, dans un mélange bien dosé de maturité et de culot : « Je suis prêt à tout. » La blessure à la cuisse, survenue il y a trois semaines, a évidemment stoppé net une préparation sur laquelle il comptait pour s'affirmer.
Sa vitesse de réaction et sa maîtrise technique du poste sont de toute façon reconnues depuis longtemps. À Paderborn, il a su faire preuve de sang-froid. Ambidextre, Seimen propose un bon jeu au pied, que ce soit court, mi-long ou long, y compris sous pression, dans le prolongement d'une bonne vision du jeu. Et, malgré son jeune âge, il sait aussi montrer une présence qui soulage et rassure sa défense, quitte à donner de la voix, ce qu'il fait volontiers. « Je suis un gardien qui participe au jeu », confirmait-il dans les colonnes du bi-hebdomadaire kicker il y a un mois. « J'essaie systématiquement d'être le onzième joueur de champ. » Sans oublier l'essentiel : « En premier lieu, je suis évidemment là pour stopper les tentatives adverses. » Il lui faudra patienter quelques semaines pour remettre en pratique son ambitieuse feuille de route. « Je crois qu'il est capable de devenir un des top gardiens de Bundesliga », affirme son entraîneur.