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Analyse Football

Jonas Urbig, quatre à quatre

Lortho

Intronisé “gardien n°4” par le sélectionneur de la Mannschaft Julian Nagelsmann, le jeune portier du Bayern sera du voyage au Mondial comme partenaire d'entraînement des trois gardiens officiels. Manuel Neuer au repos, Jonas Urbig fera face, ce soir en finale de la Coupe à Berlin, au n°3, Alexander Nübel, prêté à Stuttgart par le Bayern et auquel ses performances barrent la route d'un retour. Aussi ubuesque qu'inexorable.

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Sur le balcon de l'Hôtel de ville de Munich, le 17 mai, à l'occasion des célébrations du titre du Bayern en Bundesliga. © IMAGO / Beautiful Sports International

Il a scellé pratiquement à lui tout seul, le 9 mai à l'occasion de la 33e journée de Bundesliga, la victoire du Bayern à Wolfsburg (1-0). Certes, cet après-midi-là, c'est Michael Olise qui a inscrit le but décisif, d'une de ces frappes enroulées du gauche qui constituent désormais sa signature. Mais c'est bien Jonas Urbig qui, tout au long de la rencontre, a assuré le spectacle et mérité, in fine, le titre d'homme du match. Pour le Rekordmeister, l'enjeu était mineur – le Bayern était déjà champion depuis quelques semaines –, mais le jeune portier de 22 ans a montré, une nouvelle fois, qu'il incarnait l'avenir dans les buts à Munich. Mais aussi le présent : chaque fois que Manuel Neuer est sur le flanc, ou a besoin de repos, Urbig grimpe vaillamment en première ligne, sans donner l'impression de devoir flancher.

On peut trouver diverses raisons au statut hybride que le sélectionneur vient d'accorder au n°2 du Bayern en vue du Mondial. Urbig sera du voyage en tant que n°4 officieux – il n'est pas dans la liste – et ne pourra donc pas jouer durant la compétition. D'aucuns, à l'instar du légendaire Sepp Maier, trouvent la situation absurde. Pourtant, emmener quatre gardiens constitue une façon, pour le sélectionneur, d'essayer d'arrondir les angles, de ménager les susceptibilités et de se garder des portes de sortie. Manuel Neuer à la retraite internationale, Oliver Baumann était d'abord son n°1 désigné. A plutôt fait le job. S'est pourtant vu signifier, à quelques semaines de la Coupe du monde, qu'il ne serait finalement que la doublure du champion du monde 2014, rappelé in extremis. À lui d'accepter de jouer les Oliver Kahn, doublure de Jens Lehmann en 2006 pour le bien de la nation. Et à Alexander Nübel, prêté à Stuttgart par le Bayern, d'endosser le rôle de n°3, un choix compréhensible au vu d'une part de l'expérience accumulée par l'ancien gardien de Monaco et d'autre part de son niveau actuel, solide avec le VfB.

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Impérial contre Wolfsburg (1-0), le 9 mai.

L'ami de Manuel Neuer

Difficile, pourtant, d'écarter complètement Urbig, et ce pour deux raisons majeures : d'une part, l'ancien prodige de Cologne est devenu ami avec Manuel Neuer ; d'autre part, ses performances et le rôle qu'il est appelé à jouer dans les saisons qui viennent rendent légitime sa présence. Reste une troisième raison, dont Julian Nagelsmann ne parle qu'à demi-mots : en cas de pépin physique de l'un de ses portiers officiels, le sélectionneur n'aurait pas besoin de rappeler d'Allemagne, de l'autre côté de l'Océan Atlantique, un gardien en vacances. Et c'est évidemment, ici, à Neuer que l'on pense. À 40 ans révolus, le n°1 du Bayern est davantage soumis au risque de blessure. Il sera d'ailleurs absent ce soir à Berlin pour la finale afin de soigner au mieux son mollet avant le voyage vers le continent américain.

Stuttgart-Bayern offre donc un savoureux duel entre le n°3 de la Mannschaft, Nübel, et celui qui le suit directement dans la hiérarchie, Urbig. Si Atubolu, le n°5 et portier de Fribourg, regardera cela avec détachement, le face-à-face ne manquera pas de sel. Car si l'expérience semble du côté de Nübel et de ses 29 ans, Urbig n'a cessé de montrer, depuis qu'il a pris racine en Bavière, qu'il n'avait rien à envier à ses aînés. Contre Wolfsburg, toute la panoplie y est passée : sens de l'anticipation, jeu au pied solide, arrêt réflexe sur une tête de Vinicius Souza, envolées spectaculaires sur des frappes lointaines de Vavro ou d'Eriksen, duel remporté seul face à Mattias Svanberg dans la plus pure tradition Neuer. Deux fois, cette saison, Urbig s'est montré moins à son avantage : contre Francfort (3-2) et contre Augsbourg (1-2). Ces deux rencontres mises à part, ses performances sont admirables.

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Remplaçant de Manuel Neuer en cours de match, contre Cologne à l'Allianz Arena, le 16 mai.

Rodé à la com'

Le sélectionneur ne pouvait pas les ignorer. Il avait du reste déjà convoqué l'ex-gardien de Cologne en mars. « J'irais volontiers au Mondial, c'est sûr », glissait Urbig à l'issue de la partie remportée en Basse-Saxe début mai. Le jeune homme se comporte déjà, face aux micros, comme un joueur qui aurait une décennie d'expérience. Sait esquiver d'une pirouette les questions incisives ou dérangeantes. « C'est vraiment un thème de discussion ? », faisait-il mine de s'étonner, le 2 mai, à l'issue du 3-3 contre Heidenheim, à propos de la possibilité qu'il fasse partie du voyage vers le continent américain. À la veille de la finale à Berlin, son entraîneur au Bayern, Vincent Kompany, a néanmoins tenu à ôter à son poulain un brin de pression. « Nous avons une confiance totale en ce garçon », a formulé le Belge. « Nous espérons qu'il jouera bien mais la pression de la victoire ne repose pas sur les épaules de Jonas. Nous avons des joueurs qui ont déjà participé à ce genre de compétition à de nombreuses reprises. »

Urbig disputera ce samedi soir son 20e match de la saison mais aussi sa première finale. En Bundesliga, il était de la partie à l'aller comme au retour. Les Bavarois l'avaient emporté 5-0 et 4-2. Autrement dit, ils avaient de la marge même si leur jeune portier avait commis quelque erreur. Et comme ils n'ont pas disputé la finale de la Coupe nationale depuis six ans, leur motivation sera suffisamment alimentée pour que leur destin ne repose pas uniquement sur les épaules de la doublure de Manuel Neuer. Même si une finale, règlement oblige, peut aussi être, in fine, une affaire de gardiens si elle se poursuit jusqu'aux tirs au but...

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