L'irréfragable Luis Diaz
Sensation du recrutement du Bayern l'été dernier, l'ailier colombien de 29 ans a largement confirmé, depuis, la valeur de l'investissement. Il fera partie des principales menaces pour la défense de Stuttgart à l'occasion de la finale de la Coupe d'Allemagne, ce samedi soir à Berlin.
Au cœur des discussions des supporters bavarois, le running gag s'est vite installé cette saison : Mais comment diable le FC Liverpool a-t-il pu laisser partir un joueur aussi précieux que Luis Diaz ? Dès son arrivée, l'été dernier, l'ailier colombien en provenance de la Mersey constituait l'attraction en Bavière. Il a, depuis, mille fois confirmé qu'il ne s'agissait pas d'un tuyau percé. Si Michael Olise, pour son style si aérien et ses statistiques si folles, ou Harry Kane, avant-centre vedette de la sélection anglaise et buteur métronomique du Bayern, jaillissent les premiers à la une des médias spécialisés, il serait bien injuste de cantonner Luis Diaz à un second rôle.
S'il a manqué de réussite, de gnaque et d'inspiration à l'occasion de la demi-finale retour de Ligue des champions contre le Paris Saint-Germain (1-1), à l'instar de ses coéquipiers, l'ancien joueur du FC Porto réussit une grande saison. « Le boulot qu'il abat, c'est complètement insensé », s'est exclamé son partenaire Alksandar Pavlovic, pourtant pas avare lui non plus en kilomètres parcourus, il y a quelques semaines. « Jouer avec lui, c'est particulièrement jouissif. Qu'il continue exactement comme ça, parce que c'est pour ça qu'on l'aime. »
26 buts, 22 passes décisives
Avec Luis Diaz, les recruteurs bavarois ont obtenu exactement ce qu'ils étaient allé chercher : un joueur qui fait des différences quel que soit l'adversité et qui ne se laisse pas démonter par l'enjeu de la compétition. Quelqu'un de toujours disponible, qui délivre sa performance avec intensité, quoi qu'il arrive. Ce que la précédente recrue de Liverpool au même poste, Sadio Mané, n'avait pas su apporter malgré un standing plus élevé encore. Leroy Sané et Kingsley Coman prêts à faire leurs valises, l'été dernier, la pression sur la cellule de recrutement, nonobstant un réel budget, était évidente. Ouvert à un départ de l'autre club sextuple vainqueur de la Ligue des champions à évoluer en rouge, Luis Diaz a attisé les convoitises de la direction sportive du Bayern. Qui s'est réunie autour de son entraîneur face à l'écran, pendant le Mondial des clubs, pour converser en visio avec l'intéressé.
Une situation gagnant-gagnant : côté Bayern, intensifier l'intégration des jeunes formés au club nécessitait une quinzaine de cadres constants au très haut niveau, une caractéristique typique du Colombien. Pour ce dernier, l'assurance de jouer un rôle majeur et de rayonner durablement au sein d'une équipe orientée vers l'attaque. Surtout en l'absence de Musiala, puis de Gnabry... En ce sens, la balance départs-arrivées, pour le Bayern, s'est avérée nettement positive. La saison dernière, Sané n'avait marqué en Ligue des champions que contre Zagreb (9-2), Coman contre Bratislava (3-1). Diaz, lui, a enfilé buts et passes décisives dans toutes les compétitions tout au long de la saison. Son bilan à l'aube du dernier match du Bayern, ce soir, avant le Mondial : 26 buts, 22 passes décisives !
« Le lundi, il est frais »
L'international colombien aux 72 sélections martyrise les défenses adverses jusqu'à la dernière minute, mais ne se contente pas de cela : à chaque ballon perdu, il se jette au service de l'équipe pour le récupérer. Le contraste visuel avec l'autre ailier du Bayern, pour une efficacité maximale dans les deux cas, est saisissant : tandis que le Français se meut telle une ballerine aérienne éthérée et insaisissable, son vis-à-vis incarne une radicalité crue, sinon bestiale. D'une efficacité effarante et salvatrice au Parc des Princes – à l'image de son but fantastique, Marquinhos sur le paletot –, d'une maladresse touchante, et beaucoup plus rare, dans d'autres cas, comme au retour à Munich. Mais surtout essentiel dans l'engagement, le duel, le collectif. « Il est incroyablement important », assure Joshua Kimmich.
Encore aujourd'hui, Vincent Kompany est bluffé. « Le lundi, à l'entraînement, il met autant d'énergie que dans le match du week-end », s'extasie l'entraîneur belge, qui a remarqué, comme tout le monde, l'enthousiasme de gamin de “Lucho”. « Qu'il ait disputé 90 ou 95 minutes, le lundi, il est frais. Ce qui nous a beaucoup été utile cette saison, tant les garçons ont joué. » Luis Diaz aime ce qu'il fait, et cela se ressent sur et en dehors du terrain. Le Bayern, depuis son arrivée, lui doit beaucoup. Son égalisation contre le Real fut vitale pour accéder au dernier carré de la Ligue des champions. Son but contre Leverkusen, en demi-finale de Coupe, également. Les défenseurs de Stuttgart, qui l'affrontent ce soir à Berlin, sont prévenus.