Robin Koch, chef de chantier
Affreusement défaillante la saison dernière, la défense de l'Eintracht doit se reconstruire pour retrouver solidité et constance. La responsabilité du capitaine Robin Koch, dans ce secteur, sera primordiale.
Cinq matches de préparation, cinq victoires. Le dixième été professionnel de Robin Koch, désormais jeune trentenaire, n'est certainement pas le plus mauvais. Une première satisfaction après une saison galère dans son secteur, la défense, au cours de laquelle le SGE a encaissé la bagatelle de 65 buts, pire bilan du championnat derrière Heidenheim et Wolfsburg. Pour un premier exercice en tant que capitaine, on imagine la frustration. Pas étonnant, dès lors, que l'ancien joueur de Leeds (2020-2023), échaudé, soit prudent dans son discours du moment et souligne l'exigence nécessaire à une bonne tenue au meilleur niveau. « L'essentiel est de mettre la bonne intensité : presser, redescendre, coulisser, et que chacun joue avec un engagement réel », a déclaré Koch cette semaine à l'issue de la répétition réussie contre le FSV Francfort (5-1), éclairant d'un diagnostic clair les manques de la saison précédente. « C'est aussi ainsi que l'on développe sa condition physique. En vue de la saison, nous voulons en faire l'identité de notre équipe », a-t-il insisté, visiblement marqué par le dilettantisme des mois précédents.
Une nonchalance collective coupable qu'il compte bien gommer en assumant ses responsabilités, maintenant qu'il a été confirmé comme capitaine par le nouvel entraîneur Adolf Hütter. « C'est un immense honneur pour moi de mener à nouveau l'équipe sur le terrain et d'assumer le rôle de capitaine pour ce grand club. Bien entendu, on ne peut jamais y arriver seul ; il faut toujours s'appuyer sur un groupe solide de leaders pour porter ensemble cet effort. C'est également l'objectif pour cette année », expose-t-il. Nul doute qu'il y en aura besoin dès le premier match de Bundesliga, fin août, contre une équipe aussi combative que l'Union Berlin.
Brown, Kristensen et Amenda déjà partis
D'autant que la défense de l'Eintracht change. Deux de ses meilleurs éléments ont quitté la Hesse : Nathaniel Brown a rejoint le FC Bayern et Rasmus Kristensen le FC Midtjylland. Le Suisse Aurèle Amenda a quant à lui pris la direction de Coventry. Le Belge Arthur Theate pourrait lui aussi mettre les voiles, et Hütter devra alors recomposer toute sa défense autour de Robin Koch, sous contrat jusqu'en 2030. L'international allemand devra, lui-même, retrouver le niveau de constance qu'il affichait jusqu'en 2025 et qu'il a perdu au point de ne pas faire partie du voyage vers les Amériques pour le Mondial 2026. Stabilité collective et stabilité individuelle sont, de fait, intimement liées.
Reste à reconstituer défensivement l'effectif... et plus le temps passe, plus la tâche d'Adi Hütter dans ce domaine sera délicate. Fin juillet, l'Eintracht a annoncé un accord avec le club portugais d'Estrela Amadora pour le transfert d'Otavio. Le défenseur central brésilien a signé un contrat courant jusqu'à l'été 2031, pour 4,5 M€. Le joueur de 20 ans a rejoint l'équipe lors de son stage à Grassau. Que Nnamdi Collins, remis de sa blessure à la cheville en mars, reste dans la Hesse ne sera pas de trop, sa vitesse correspondant a priori plutôt bien au jeu prôné par l'entraîneur autrichien. Mais la défense ne dépend pas que d'elle-même et le milieu de terrain mérite aussi de l'attention pour stopper l'hémorragie de buts encaissés. Mahmoud Dahoud est parti, Ellyes Skhiri menace d'en faire de même. Convaincu par le retour d'Hütter, Hugo Larsson, lui, devrait rester. Surtout, le robuste Nigérian Raphael Onyedika, attendu depuis plusieurs saisons dans la Hesse, est enfin arrivé de Bruges. Et comme le Bayern ne fait pas qu'aspirer les joueurs des clubs adverses, Noël Aseko a débarqué de Bavière, où il a prouvé sa polyvalence comme milieu défensif, relayeur et même latéral. De quoi rassurer, un peu, Robin Koch.