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Analyse Football

Martin Demichelis, le défi de Leipzig

Lortho

Le limogeage d'Ole Werner, pourtant 3e du dernier championnat avec les Roten Bullen, a d'autant plus surpris que son bourreau, le chef du football chez Red Bull, Jürgen Klopp, devrait quitter le groupe dans la foulée pour prendre en main l'équipe nationale. Mais le propriétaire autrichien du club saxon a déjà intronisé un poids lourd pour prendre la suite : Martin Demichelis, l'ancien défenseur international argentin du Bayern.

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À la reprise de l'entraînement du RBL, le 13 juillet. © IMAGO / Picture Point LE

Leipzig et son propriétaire Red Bull sont du genre pressés. Grimpés en première division du football allemand en sept saisons après avoir démarré leur parcours au 5e échelon en 2009, ils fêtent cette année une décennie de présence dans l'élite nationale à l'issue d'une saison très honorable, 3e place en Bundesliga et qualification pour la prochaine Ligue des champions à la clef. Insuffisant pour maintenir leur confiance à Ole Werner, arrivé il y a un an à peine, qui paie une relation distante avec Jürgen Klopp, intronisé six mois plus tôt chef du football de l'empire Red Bull. La dynamique mise en place par l'ancien coach du Werder autour de talents comme Yan Diomandé ou Antonio Nusa a donc vécu et c'est Martin Demichelis, en échec à Majorque, qui est chargé d'en impulser une nouvelle.

Non seulement la manœuvre ressemble à un caprice de nouveau riche mais l'ancien international argentin se retrouve face au plus gros défi de sa jeune carrière d'entraîneur. Martin Demichelis n'en conserve pas moins un bon souvenir en Saxe. En 2007, il y a précisément 19 ans, il y remportait la finale de la Coupe de la Ligue avec le Bayern contre Schalke (1-0). Mais cet épisode, l'un de ses nombreux succès comme joueur – l'Argentin a remporté notamment le championnat dans trois pays différents –, ne pèsera guère au moment d'entamer la saison, dans un mois et demi, sur un banc qu'il ne fréquente comme entraîneur principal d'une équipe première que depuis 2023. Son contrat signé jusqu'en 2028, l'Argentin s'attaque à une mission difficile : faire mieux que son prédécesseur.

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Un joueur charismatique, qui doit encore faire ses preuves comme coach en Europe.

Intensité et domination

Ses passages chez les moins de 19 ans (2019-2021) et l'équipe réserve (2021-2022) du Bayern laissent entrevoir la philosophie de Demichelis : un football de domination, fait d'une grosse possession, sans négliger l'intensité et la verticalité indissociables de l'identité du RBL. Les joueurs sous les ordres de l'Argentin doivent pratiquer un pressing marqué dans la moitié de terrain adverse. Dans le parcours de l'ancien Bavarois, ce principe ne date pas d'hier : il l'a éprouvé comme joueur sous les ordres de son modèle et compatriote Manuel Pellegrini à River Plate, Malaga et Manchester City. À Leipzig, Demichelis cherchera l'équilibre entre la possession haute et la transition rapide, de quoi assurer le spectacle à la Red Bull Arena comme en déplacement, pour peu que le club assume son objectif ambitieux sur la scène nationale – le titre, à terme – comme internationale – il ne disputait aucune compétition européenne en 2025-2026.

Des préceptes pas forcément très éloignés de ceux d'Ole Werner. En revanche, le caractère des deux hommes est radicalement différent. Autant l'ancien coach de Kiel assume un calme et une retenue tout hanséatiques, autant l'Argentin charrie les clichés sud-américains de l'émotion et de l'impulsivité. Ses débuts comme entraîneur n'ont pas été un long fleuve tranquille et les escarmouches tant avec ses joueurs qu'avec ses adversaires, ici ou là, n'ont pas manqué d'interpeller. Aujourd'hui, Demichelis semble avoir appris à canaliser ces émotions débordantes sans avoir perdu l'énergie qui le caractérise.

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Coach de la réserve du Bayern, en 2022.

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Au regard de la saison passée, le mariage entre les Roten Bullen et leur nouveau coach peut tout à fait fonctionner. Leipzig a terminé l'exercice 2025-2026 à la première place des clubs de Bundesliga en matière de sprints (devant Hoffenheim et le Bayern) et à la 5e en matière de courses à haute intensité, un bon point pour le jeu de transition. Le club pointe par ailleurs à la 3e place au pourcentage de passes réussies derrière le Bayern et Leverkusen, ce qui convient à l'idée de posséder le ballon. Et dans la mesure où il va demander à ses joueurs d'être actifs, le technicien argentin verra d'un bon œil les 15,8 tirs par match tentés par les Saxons la saison passée – seul le Rekordmeister fait mieux avec 19,2. En revanche, les 117,6 km parcourus par rencontre constituent une faiblesse : seuls Brême, Mönchengladbach et Hambourg ont fait moins bien.

Reste évidemment à savoir de quel effectif disposera l'Argentin à la sortie de l'été et de quelle manière il l'utilisera. Des joueurs comme Benjamin Henrichs, Johan Bakayoko, Conrad Harder ou Tidiam Gomis, peu sollicités par Ole Werner, attendent davantage de temps de jeu. Une doléance a priori d'autant plus simple à mettre en œuvre que, contrairement à la saison dernière, le RBL sera engagé dans trois compétitions cette saison. Si le départ vers un autre championnat de la star du club Yan Diomandé se confirme – l'Ivoirien rapportant alors vraisemblablement une centaine de millions de francs suisses –, le club saxon aura les coudées franches dans son recrutement. Martin Demichelis le sait depuis sa carrière de joueur : la meilleure défense, c'est l'attaque.

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